Émancipées, le podcast
Le podcast qui émancipe les femmes (et les hommes !) en leur donnant des clés pour comprendre leur corps et leur cycle, pour leur permettre de maitriser leur fertilité, leur contraception et leurs hormones avec autonomie et confiance !
Le savoir, c’est le pouvoir, et Laurène est bien décidée à vous apporter un max, en répondant à des questions qu’on se pose tous, ou pas, seule ou avec des experts passionnés, pour que votre intimité n’ait plus de secret pour vous !
Émancipées, le podcast
#97 Relation patiente/médecin : comment créer une vraie alliance thérapeutique ?
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Pourquoi est-il si difficile de se sentir prise au sérieux par son soignant sur des sujets comme le cycle menstruel, la fertilité ou la symptothermie ? Comment mieux préparer sa consultation médicale et créer une relation médecin et patiente plus équilibrée ?
Dans cet épisode, on parle alliance thérapeutique, consultation médicale et santé féminine, avec le Dr Matthieu Cantet qui nous donne justement son point de vue de soignant sur le sujet !
On décrypte ensemble les blocages fréquents dans la relation patient médecin : la peur de poser des questions, le manque d’écoute, les incompréhensions autour des douleurs de règles ou des symptômes hormonaux, etc.
Dans cet épisode, on vous donne des conseils concrets pour :
- mieux communiquer avec votre médecin
- valoriser vos observations (cycle menstruel, symptômes…)
- trouver votre place dans une vraie alliance thérapeutique
- devenir actrice de votre santé féminine.
Un épisode essentiel pour toutes celles qui veulent transformer leurs consultations et être enfin entendues 🙂
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Déjà, il faut avoir un médecin en qui t'as confiance, surtout dans la gynécologie de la santé féminine. Si tu vois que le courant passe pas, moi, j'invite les gens à changer de médecin. La relation, elle se fait à deux. Tu peux pas être avec quelqu'un qui ne te croit pas, qui te considère comme une folle, que tout est dans ta tête, etc, etc.
Laurène:Bonjour à toutes et à tous. Je suis très heureux de vous retrouver dans ce nouvel épisode. Et aujourd'hui, je reçois le docteur Matthieu Cantet, que j'aime beaucoup et qui parle souvent de la relation patient médecin de comment celui les médecins, on peut être de meilleurs médecins et moi, c'est vrai que je vous parle beaucoup de comment on peut être des meilleures patientes, en tout cas, comment on peut s'émanciper apprendre plein de choses sur son corps, sur son cycle, sur ses hormones, sa fertilité sur sa contraception, etc. Et. Faire de ça quelque chose d'utile d'important, de vertueux dans sa relation avec son médecin pour diminuer les rangs, aller plus loin, travailler ensemble, main dans la main plutôt que de prendre le risque de s'opposer, d'être dans la confrontation dans le on se comprend pas. Il mes coup de paille prend pas au sérieux, etc. Donc je trouvais ça chouette de faire un épisode avec Mathieu. Pour vous donner plein de types très concrets. Vous verrez, c'est plutôt ça. La deuxième partie de l'épisode qu'on va sur des choses comme ça que vous pourrez actionner facilement dans votre relation avec votre médecin pour être les meilleurs patientes et ce que je disais à Mathieu. Mais nous, les retours que j'aime à des pros de santé qui reçoivent des femmes qui viennent de chez nous, principalement du Fertility club, c'est qu'ils les adorent parce que elles sont hyper éclairées, hyper conscientes, hyper informées, très très à l'écoute de leur corps et en même temps, et là dessus, on les coache beaucoup. Elles restent à leur place et elles viennent pas. Demander de prescrire un bilan qu'elles ont elles même trouvé sur internet ou de confirmer un truc dont elles sont sur ce qui peut mettre les médecins un petit peu les agacés, entre guillemets, je ne sais pas, en tout cas montrer qu'on veut faire leur travail à leur place. Donc, l'objectif de cet épisode, c'est de trouver ce bon équilibre pour avoir une relation hyper vertueuse, une vraie alliance thérapeutique. Et je suis sûr que ça sera très, très utile pour vous. Donc je suis super heureuse qu'on ait tourné cet épisode. Je ne vous en dit pas plus place à l'épisode avec Matthieu. Hello Matthieu, merci d'être avec moi pour cet épisode. On va parler tous les deux de la relation patient médecin, parce que c'est un truc que moi je côtoie beaucoup au quotidien. Je te disais un petit peu tout à l'heure de femmes à qui on apprend plein de choses. Et puis qui derrière, ont du mal à faire le relais après avec le corps médical et qui se sentent, qui osent pas poser des questions, qui sont pas forcément soutenues, etc. Donc toi t'es médecin, tu vas expliquer un peu plus en détail ce que tu fais et tu as écrit un bouquin notamment qui parle de ça, tu me disais. Donc voilà tu es bien placé pour pour décortiquer un peu cette relation thérapeutique qu'on peut avoir entre un patient et un soignant. Est-ce que tu veux bien, s'il te plaît, commencer par te présenter? Et après, on aborde tout ça ensemble.
Matthieu Cantet:Salut Laurène, merci pour ton invitation. Je suis très heureux d'être avec toi aujourd'hui. Alors je m'appelle Matthieu Cantet. J'ai 37 ans, je crois, par là. Je suis un papa de trois enfants. Je suis un mari. Je suis un médecin. Je fais beaucoup d'échographies. Il y a des gestes sous échographie. Et puis je fais aussi un podcast qui s'appelle super docteur pour mes confrères consœurs médecins qui me permet de recevoir des gens hyper inspirant qui aiment la même chose que moi, de continuer à a prendre plein de choses et de les partager à des gens qui parfois, aiment ce que je propose. Et je crois que succinctement, c'est un peu ma présentation.
Laurène:Ouais ou tu connais bien le podcast. Donc c'est chouette de t'avoir ici. J'aime beaucoup ton podcast aussi. Est ce que tu peux me dire en quoi nous on parle un peu plus des femmes par ici. Donc, en quoi tu penses que tu participes à l'émancipation des femmes ou.
Matthieu Cantet:C'est une très bonne question. Avant tout, en essayant de comprendre, je pense, les enjeux auxquels sont soumis les femmes actuelles. Par exemple, à la génération de mes parents, de mes grands parents, on ne parlait pas du tout de la charge mentale des femmes. Le contexte était super différent de la santé gynécologique des femmes, de la santé générale des femmes. On commence à comprendre ces sujets et à les nommer beaucoup mieux. Et je pense qu' en essayant de simplement en prendre connaissance, en essayant de comprendre ces nouveaux termes, parce que c'est des problèmes qui existaient depuis très longtemps, mais de se tenir au courant de cette actualité. Comment à émerger et bien en essayant de comprendre ces termes, ces nouvelles problématiques, je pense, ça participe à l'émancipation,
Laurène:Complètement. Tu as raison. Au fait, c'est des choses qui, pour beaucoup, existaient déjà, mais qu'on n'ait pas ou qui n'avaient pas qui avait beaucoup d'ance médicale, notamment en biométrie de la sok, tout ça et qui aujourd'hui, parce qu'on en parle de plus en plus, permet aussi aux femmes de. D'être mieux diagnostiqué. Et je pense que ça fait un super lien, justement avec le sujet du jour parce que je le disais en introduction. Je pense qu'il y a beaucoup de femmes d'hommes aussi qui parfois, ne savent pas comment aborder cette relation. Tu vois comment se positionner face à leurs soignants qui peuvent avoir peur de poser des questions bêtes qui parfois se trouvent aussi face à des personnes qui vont. peut-être pas prendre au sérieux lever les yeux au ciel. La symptothermie ça fait lever beaucoup d'yeux au ciel quand on commence à parler de sa glaire ou de sa température face à des gens qui ne sont pas ouverts à ça. Donc, est-ce qu'on peut peut-être commencer par parler de toi, t'es médecin qu'est-ce qu'on vous apprend, justement en termes de posture, Qu'est-ce comment vous Qu'est-ce qu'on vous enseigne Est-ce que c'est une compétence qu'on vous enseigne de se positionner face à un patient ou est-ce qu'en gros, vous êtes des super techniciens. Mais après sur la relation là, c'est un peu chacun qui gère avec ses compétences de base.
Matthieu Cantet:Merci. C'est une super question. Alors je vais parler vraiment à titre personnel parce que je sais que l'enseignement évolue. Et puis l'enseignement est spécifique à chaque faculté. Tu vois, il y a des gens qui ont des cours spécifiques que d'autres non, pas l'enseignement de la médecine. Il n'est pas nationalisé. Ce n'est pas les mêmes cours. Pour tout le monde tout le temps. Moi, le sentiment que j'ai eu personnellement, c'est que c'est un enseignement qui existe la relation patient, médecin, qui est anecdotique. Ça dure vraiment pas longtemps et il est vraiment théorique. Tu vois, c'est quelques phrases. Quelques paragraphes dans tes cours qui se résument à aller quelques longues minutes dans les dizaines d'années du cursus médical.
Laurène:Oui.
Matthieu Cantet:En pratique, tu apprends en regardant les autres faire, mais j'ai très peu de médecins qui m'ont pris par la main et qui m'ont dit regarde comment là je vais appréhender ce patient ou cette patiente regarde comment je vais essayer de l'écouter. Regarde comment je vais la regarder regarde comment je vais la toucher. Regarde comment je vais essayer de communiquer avec elle. C'était C'était assez implicite et assez anecdotique en fait. Et donc moi, j'ai eu l'impression d'apprendre ça de mon côté. Et donc j'ai beaucoup travaillé dessus parce que ça m'a passionné. C'est un peu la terra incognita dans mes études et et j'ai adoré comprendre la communication patient, médecin, comment l'améliorer, comment se perfectionner là dedans pour essayer de mieux comprendre les gens que tu soignes avec qui tu rentres en relation. J'ai eu Il y a d'autres gens qui s'intéressent à ça. J'ai eu Et donc j'ai eu l'impression que c'est quelque chose que j'ai dû cultiver beaucoup par moi même. Et puis par d'autres lectures, parce qu'il y a beaucoup de gens qui en parlent quand même, mais. Stricto insultes dans les études médicales. À titre personnel, j'ai eu l'impression que c'était anecdotique quand même.
Laurène:ou Ouais on lit parfois l'alliance thérapeutique. Tu vois, c'est moi. Je trouve que c'est un super terme. Ça montre que tu fais équipe et que le soignant a plein de choses à apporter. Mais je n'ai pas l'impression que soit un vrai concept. C'est plus un truc qui a été créé plus récemment ou c'est un vrai concept en médecine.
Matthieu Cantet:Alors c'est intéressant. Alors tu vois, on est vraiment dans le paradoxe français. Les philosophes français se caractérisent dans le monde par. L'émission de concept théorique, mais qui sortent beaucoup de la pratique. Tu vois? Et j'ai l'impression que l'alliance thérapeutique, c'est un concept dont on entend beaucoup parler, mais qu'en pratique, on n'enseigne pas. Tu vois le lire? Moi, je l'ai lu souvent et j'ai souvent croisé des cours des écrits qui en parlaient. Mais personne en pratique m'a dit regarde, comment c'est l'alliance thérapeutique. Je vais te montrer là visuellement toi et moi comment ça se passe concrètement? Ce n'est pas parce que tu lit quelque chose que tu peux l'appliquer et tu vois, il y a des choses qui doivent se cultiver qui doivent s'apprendre par de l'artisanat et ça fait très peu.
Laurène:Ou ou d'autant que donc on va peut être rentrer sur ce sujet là du déséquilibre, un petit peu qu'on peut ressentir, pas face à tout le monde. Je t'avoue que si j'étais face à tant en tant que médecin, je sûr que je serais très à l'aise, mais ou je ne sais pas en mais en tout cas, c'est ce que tu m'inspire, mais parfois c'est moins le cas. Et il y a cette sorte de déséquilibre d'asymétrie qui est réel dans l'asymétrie des connaissances. Vous avez un bagage énorme et énormément de choses à apporter. Et tu peux vite te sentir un peu petit en face. Tu vois? Comment? Comment on peut essayer d'aborder un peu cette notion de d'asymétrie et du coup de très grosse difficulté à s'imposer et voire pire à contredire. Tu vois quand tu sens que que tu n'es pas d'accord,
Matthieu Cantet:et tu vois, je pense que. Les soignants devraient absolument cultiver une relation beaucoup plus horizontale avec leurs patients. C'est indispensable parce que quand tu prends les gens de haut, il peut rien se passer de bon à part dans de très rares cas, ou tu as des gens qui aiment se faire d arriver, ça arrive. Et quand même très minoritaires comme situation, mais il y a des gens, ils aiment qu'on leur impose des choses parce que ça les rassure parce qu'ils estiment qu'ils n'ont pas de connaissances dans le sujet. Et puis ils ont envie de repartir avec. Des conseils clairs qu'ils te demandent. Mais en général, moi qui suis patient comme tout le monde, j'aime avoir une relation horizontale avec les gens ou j'arrive avec mon petit bagage qui est forcément incomplet, l'autre en face, le soignant. Il a un bagage qui est très différent. Qui est peut être évidemment plus technique en tout cas, c'est pour ça qu'on vient le voir, mais il ne faut pas se mettre dans une relation asymétrique du quelqu'un qui est en haut d'un autre. Sinon tu, tu cultive que des choses mauvaises. Alors maintenant, comment faire? C'est extrêmement difficile. Je te l'accorde. Moi, j'invite tous mes confrères et mes consœurs à cultiver une approche très horizontale de conseiller de santé. Tu vois et pas de prescripteur vertical comme ça qui impose des choses. Donc ça, c'est de notre côté, il faut qu'on travaille dessus. Absolument. Et j'entends tout à fait que quand tu es patient et quand tu as face à de toi, un soignant qui peut être autoritaire, qui peut être sûr de lui, qui peut être intimidant. Je trouve ça anormal. Sincèrement. Je l'ai vécu personnellement parce qu'en étant médecin et avant étudiant en médecine, les gens ont peut être un regard différent sur moi, mais c'est assez. Je comprends tout à fait à quel point ça peut être blessant, voire même humiliant et. Et en même temps, la vie est faite de rencontres qui ne sont pas forcément très cool et particulièrement dans le soin peut être quand tu es patient de ce Ce qui peut être une idée, c'est de poser ça. Tu vois de dire quand tu as peur de dire quand tu es angoissé de dire ce que tu attends,
Laurène:Ouais de verbaliser ton malaise, pas
Matthieu Cantet:ça peut être déjà le premier pas exact de mettre à plate et faiblesses. Tu vois, ça peut être un bon premier pas peut-être
Laurène:Ouais et toi ce que tu dis, ça me fait penser hier, j'ai enregistré un épisode de podcast avec une gynécologue qui a vécu plusieurs arrêts de grossesse et une grossesse extra utérine hyper violente. Et donc on faisait un épisode du coup sur son VQ à elle. Je sais pas s'il sera sorti avant toi ou pas. Donc je ne pas trop spoiler, mais sur son VQ à l de patiente en fait, mais avec toutes les connaissances d'une gynéco et elle Elle expliquait, et je trouvais ça hyper intéressant qu'en fait ces épreuves aussi difficiles? Qu'elles ont pu être, ça a changé complètement sa posture de médecin et qu'aujourd'hui une femme stressée par exemple, en début de grossesse, qui va avoir besoin de faire un peu plus d'écho là où avant, elle lui disait mais arrêtez l'écho. L'écho C'est dans deux semaines vous posez pas toutes ces questions. En fait, elle va lui la faire parce qu'elle sait ce que c'est que que d'avoir ce passif, de perdre une grossesse et du coup de de vivre l'enfer quand il faut attendre, qu'on se rassure, etc. Donc je pense qu'il y à ça aussi. Il y a un côté, un côté très humain ou tu as plein de soignants qui arrivent à se mettre à la place beaucoup plus facilement des gens qu'ils ont en face de soi parce qu'ils ont vécu soit parce qu'ils connaissent quelqu'un qui avec ou quoi et puis d'autres peut être une autre génération aussi qui reste toujours dans cette posture de sachant qui est indispensable aussi, mais qui va peut être moins avoir ce. Je me mets dans tes choses sur quoi tu vois.
Matthieu Cantet:Exactement. C'est très intéressant ce que tu dis. Et puis il y a quelque chose qui est profondément injuste quand tu es soignant, c'est qu'il y a des patients avec qui tu attachent et d'autres pas du tout. Tous les soignants connaissent ça. Quand tu arrives le matin, tu vois ta liste de patients. Tu as des gens que tu vas être content de voir et d'autres qui vont au contraire te provoquer une certaine irritation. C'est assez honteux. C'est la vérité, je crois, pour tous les soignants et en fait notre travail, c'est de lutter contre ça. Tu vois? Parce que il faut lutter contre les forces qui s'exercent sur nous pour pas discriminer les gens. Tu vois, si je ne sais pas quelqu'un qui est impatient, qui irrite. Toi ton job de soignant, c'est de lutter contre ça, pour essayer de le traiter le mieux possible comme les autres, en toute objectivité, parce que c'est ton devoir de soignant, mais il faut bien avouer que la vie est injuste. On subit des forces dont on ignore la nature et parfois il y a des gens qui nous s'irritent. On comprend pas pourquoi et quand t dans un mauvais état, quand tu es fatigué, quand ta vigilance baisse. Tu peux subir cette cette mauvaise force. Et puis pas maltraiter les gens. Ça peut arriver, mais baisser la garde et laisser aller des choses qui sont beaucoup moins exigeantes.
Laurène:Ouais, il y a un sujet sur lequel je pense que cette asymétrie et cette gêne, elle est assez présente et en tout cas avec mes lunettes à moi qui sont un peu biaisées, mais c'est justement tout ce qui touche au cycle, aux hormones, à la fertilité, etc. Et où moi, je vois beaucoup de femmes qui. Qui apprennent à écouter leur cycle, alors on les aide souvent, mais qui découvrent plein de trucs et qui se retrouvent avec un bagage de connaissance énorme et qui n'arrivent pas à faire le passage de relais pour donner ces infos là. à leurs soignants Est-ce que tu as des conseils toi Je pour je pense notamment à des femmes qui vont se rendre compte que, par exemple, elles ont plein de symptômes, Je dis n'importe quoi de soucis de la thyroïde et qui vont pas savoir comment. Réclamer tu vois entre guillemets un bilan de la thyroïde parce qu'elles vont vont pas forcément, elles vont avoir peur d'arriver. Quand on dit oh arrêtez de traîner sur internet, faites moi confiance. Comment en fait de façon hyper concrète arriver à amener ce savoir que tu as parce que c'est puissant? En fait, j'avais une gynéco qui m'avait dit c'est un cadeau fait au médecin, d'amener toutes ces infos, il faut les amener. Et pour ne pas se trouver dans une posture de je te demande de me prescrire quelque chose. Je te demande une ordonnance, mais on fait alliance justement tous les deux et ce que je te donne, ça va t'aider toi à faire ton diagnostic, mais en allant quand même vers là. où J'ai un petit peu envie d'aller parce que je connais mon corps, je le ressent et je vois bien qu'il y a un truc qui cloche par là. Quoi?
Matthieu Cantet:Mais ouais tu as tout à fait raison. On est dans une ère où l'information est abondante. Tu vois, ce n'était pas le cas il y a plusieurs années, il y a plusieurs années, la connaissance était chère. Elle s'enseignait. Et c'était, je caricature des médecins qui avaient la connaissance de la santé et les patients en avaient très peu. Maintenant, le monde a considérablement changé. L'information est disponible un peu partout et tu as des patients qui deviennent experts de leurs propres pathologies, de leur propre corps, de leur propres symptômes. Et c'est pour ça qu'il Il est absolument indispensable d'écouter finement les gens parce que souvent ils ont raison. En fait, on s'irrite peut être de leur forme, de leur formulation, de leur. De leur la façon dont ils présentent les choses. Mais on sait que si nous rapporte ça, c'est ils ont raison. Tu vois? Alors comment faire pour passer le relais? C'est super intéressant. Je reviendrai sur le fait qu'il est à mon avis important de le verbaliser déjà. Il faut avoir un médecin en qui tu as confiance, surtout dans la gynécologie dans la santé féminine. Si tu vois que le courant passe pas moi, j'invite les gens à changer de médecin. Tu vois la relation? Elle se fait à deux. Tu ne peux pas être avec quelqu'un qui ne te croit pas qui te considère comme une folle, que tout est dans ta tête, etc, etc. Non, il faut vraiment que le courant fitte et je sais que c'est difficile parce la démographie médicale est extrêmement compliquée, mais il faut absolument trouver un médecin avec qui le courant passe quand le courant passe. C'est de suite plus facile et comment lui transmettre ce genre d'informations hyper importantes. Je pense en tout cas, petite personnelle, moi, j'aime bien ça. Les gens viennent. Et puis ils expliquent simplement leur démarche. Ils me disent par exemple, docteur, j'ai consigné mes symptômes. J'ai fait un calendrier. Ce peut être un calendrier de miction, un calendrier, des cycles avec la consistance de la glaire, les pertes, la période d'ovulation, etc. Simplement poser ça sur la table. Dire voilà, docteur, j'ai trois minutes à vous demander d'attention. J'ai quelque chose à vous dire. D'important Est-ce que vous pouvez m'écouter. Et là on dit voilà, je consigne me symptômes. Je consigne des éléments dont j'aimerais vous faire part. C'est ceci, cela, ceci. Et puis voilà. Si le soignant, il est quand même un peu cortiqué Il va prendre ça comme un cadeau comme tu racontes et puis il va s'en servir. Et c'est peut-être d'arriver en voilà, en demandant de l'attention, en demandant un moment d'écoute de la part du soignant. Deux qualités pour lui transmettre des informations
Laurène:Oui. Ouais. Ce que tu dis, c'est hyper important. Donc idéalement de venir avec presque un document, en fait d'avoir ça, c'est encore plus efficace parce qu'au moins, tu sais que tu tu remets quelque chose d'assez objectif, un d'assez palpable après ce qui est compliqué sur les cycles c'est que moi, je sais qu'il y a plein de nanas qui arrivent avec leurs cylogrammes tu vois de symptothermie mais qui ont face à elles des gens qui ne sont pas formés à ça et qui ne savent pas les lire et qui sont là. Merci, mais moi, je je ne sais pas. Je comprends rien à ce que vous me donnez là.
Matthieu Cantet:Tu sais que ça reste super souvent, surtout dans ton domaine. Il y a beaucoup de femmes qui sont ultra au courant maintenant de leur cycle. Comment savoir à quelle période tu peux avoir des relations sexuelles? À quelle période il ne faut pas, etc, etc. Il y a plein de médecins qui ignorent ça. Moi je le confesse. J'ai fait un épisode là dessus sur mon podcast avec une sage femme spécialisée là dedans, elle m'a pris des choses dont j'ignorais l'existence.
Laurène:Oui.
Matthieu Cantet:J'apprends des choses dans mon métier tous les jours. Et en fait, il faut aussi avouer quand on ne sait pas quand ton médecin sait pas la logique voudrait qu'il te dise je ne sais pas. Et tu pré faire quelqu'un qui dise je sais pas plutôt qu'il me raconte des bêtises. Tu vois? Donc si tu peux arriver avec ton calendrier, tu peux présenter ça à ton médecin. Attends de voir sa réaction. S'il comprend, il te le dit, s'il comprend pas, il le dit puis peut-être que la prochaine fois, il pourra faire un effort pour la prochaine consultation, se tenir au courant et pouvoir te donner son feedback dessus.
Laurène:Oui ou nous ce qu'on a fait, c'est des espèces de petits doc résumés pour remettre au médecin pour, mais hyper faire objectif avec juste les études, les sources, les machins, pour faire un. Un petit réal de ce que c'est la sy hermie. Et donc on dit aux femmes de quand elles sentent qu'elles sont face à quelqu'un d'ouvert mais qui n'a pas les infos. Je vous donne ce petit résumé comme ça, au moins un peu. Si ça vous intéresse, vous pouvez creuser. Et du coup après, on va plus l'ensemble.
Matthieu Cantet:Mais c'est super intéressant ce que tu soulève, la cette asymétrie de relation de cette espèce de friction. Et moi, je milite beaucoup pour le fait d'avoir une relation horizontale entre les gens. Il faut considérer les patients comme les experts de leur santé. Tu vois même les gens qui n'ont pas les mots qui ne se sont pas documentés qui te parlent de pet de prout de rot etc. Ce sont des informations. Tu vois? Ce sont des informations que les soignants doivent traduire en langages médicaux pour faire rentrer ça dans des cases diagnostics, etc. Mais tout bon soignant devrait avant tout écouter les gens. C'est le graal le nectar des données. Tu vois, tu écoutes les gens, il faut les croire. Ça c'est indispensable. Il faut considérer que ce qu'ils racontent c'est vrai jusqu'à preuve du contraire.
Laurène:Non, mais surtout que le symptôme, le symptôme pur, tu le vois ni à la biologie ni à l'imagerie un un prout comme tu dis, si on te le dis pas, tu sais pas que le mec, il a des gaz Tu ne peux pas le deviner.
Matthieu Cantet:Tu as des symptômes et t'as des signes. Les symptômes ils sont rapportés par le patient en général. Et les signes ils sont objectivement décelables par le par le médecin, par exemple, le symptôme de la patiente. Ça va être une nausée. Tu vois, tu peux pas mesurer la nausée par le médecin Mais par contre le signe, ça va être une défense de l'abdomen. Tu vois du sang dans les selles, des choses. Objectivement quantifiable. Mais tu as plein de symptômes dont tu es obligé de d'écouter la plainte et de croire les gens. La douleur, tu vois la douleur
Laurène:Mais on demande l'échelle sur une échelle
Matthieu Cantet:ou on a, on a trouver des outils, tu vois? Mais pour les pays des pros, on n'a pas de
Laurène:C'est quoi le bon mot de prote le mot médical
Matthieu Cantet:la tu, j'imagine,
Laurène:à là, tu
Matthieu Cantet:j'imagine.
Laurène:Ok. Oui. Oui, oui, en fait, c'est, il y a aussi ce sujet de la honte. Et alors là les flatulences, on va dire ça maintenant c'est mieux. Je Je pense que c'est un des pires, mais mais tout ce qui touche justement aux pertes anormales, aux douleurs, à la pénétration, tu vois? Tout ce qui est plus émotionnel aussi. Tu vas dire qu'on déteste son mec quatre jours par cycle. C'est compliqué à verbaliser parce qu'on a l'impression que c'est un détail alors qu'en fait, c'est hyper important. Donc tu vois il faut aussi peut-être arriver à. Peut-être en trouvant les bons mots du côté du patient. Je vais te demander un peu des conseils pour les patients, mais aller chercher les bons mots. Pourquoi pas avec ChatGPT mais pour se dire ok, j'ai le bon mot. Je ne vais pas dire pro. Je vais dire flat. Tu lance, je ne vais pas dire je déteste mon Meg. Je vais dire irritabilité monstruel ou j'en sais rien et au moins peut-être que je serais un peu plus prise au sérieux. Est-ce que c'est stupide ou tu préfères qu'on te parle de prout parce qu'au moins c'est naturel.
Matthieu Cantet:alors, je pense moi, je préfère entendre prout Tu vois?
Laurène:Ok,
Matthieu Cantet:Carrément.
Laurène:cet épisode est génial. Matthieu J'aime beaucoup
Matthieu Cantet:En fait, il y a deux choses que tu soulève dans ce que tu viens de me dire qui sont super importantes. Je crois qu'il est super important que les gens s'expriment avec leurs mots. Parce que si tu veux utiliser un mot que tu maîtrises moins tu risques de faire des erreurs, tu vois? Donc il faut que les gens s'expriment avec leurs propres mots. À mon avis, c'est essentiel. Et d'ailleurs, quand, quand on est quand est soignant, c'est ce que tu attends. Moi, j'attends pas que les gens me disent je viens vous voir parce que sur l' rm, il y a marqué hyper signal. Te deux moi, j'attends qu'il vient de me voir en me disant je viens vous voir parce qu'en fait mon symptôme, c'est ça depuis quatre ans, je me plains de ça. Ça, c'est ma place. Je souffre à cause de ça. Et donc après j, ça à ça, dont cette CRM, mais il faut attacher d'abord à décrire la plainte à son médecin. C'est très important parce que c'est une donnée qui est essentielle, qui est la plus importante, sinon, on risque de se concentrer sur autre chose sur des problèmes d'imagerie. Alors qu'en fait le problème, c'est la plainte et que tu soulève. C'est le côté honteux, le côté gêne etc. Et je reviendrai sur ce que je t'ai dit tout à l'heure. Moi qui suis patient quand je vais voir n'importe quel pro de santé, je et bien, je mets les choses sur table aussi. Je leur dis, vous savez, je suis un peu gêné de vous dire ça Est-ce que je peux vous le dire en toute sécurité. Est-ce que je peux vous le dire en toute confiance. Est-ce que ce que je vais vous déposer dans les trois prochaines minutes. Ça va être gardé précieusement par vous comme un secret professionnel dont vous êtes soumis. Et tu vois, tu, tu mets à table quelque chose qui te rend anxieux qui t'inquiète dont tu as besoin de réassurance.
Laurène:Ou oui,
Matthieu Cantet:vas vite sentir si le type en face, il te dit, écoutez, bien sûr, moi, je suis médecin depuis x année. C'est un ce que vous allez me confier, ça va être absolument soumis à au secret médical et je vous garantis que rien ne sortira de cette salle. Ou alors, si le mec, tu dit, écoutez mon bouteille, vos histoires, allez y, tu t'en vas,
Laurène:ouais. C'est ça. Tu t'en vas.
Matthieu Cantet:Mais oui, absolument. C'est pas coup.
Laurène:il faut prendre sur toi parce que je pense, je pense que toi ou moi, on n'est pas forcément timide. Et du coup, on oserait se faire ce petit laus d'intro et mais je pense à plein de femmes qui sont beaucoup plus introvertie et pour qui c'est un effort surhumain. Que d'oser dire ça face à un grand médecin. Mais donc ce qu'il faut, c'est peut être sortir sa phrase. Et si tu sens qu'en face, ça percute pas tu, tu vas pas plus loin et tu dis ok, bonne personne.
Matthieu Cantet:Moi. Si tu vois, si j'ai des problèmes intimes, j'aimerais que le mec en face, il prenne ça en considération avec sérieux et qui raconte pas mes problèmes intimes. 20 minutes après à son collègue, tu vois
Laurène:Moi, ce n'est pas tant qu'il raconte pas à son collègue, mais c'est que, en fait, derrière tout ce que tu vas lui dire, il l'écoute et il le prennent vraiment au sérieux et qui qui sourit pas en disant oui, non, mais ça, avoir tu vois avoir mal pendant ses règles. C'est normal. Tu vois, tu vois d'être sûr aussi que
Matthieu Cantet:moins
Laurène:qu'on ne va pas minimiser.
Matthieu Cantet:C'est incroyable ce que tu me racontes. C'est vrai que c'est, c'est assez bouleversant d'entendre beaucoup de gens avoir honte de dire ça à leur médecin. Et je trouve ça profondément normal. Je sais, et je sais, mais c'est en t'écoutant attentivement. Je me rends compte à quel point c'est profondément anormal. En fait, tu me décris quelque chose qui ne devrait pas exister. On ne devrait pas avoir honte, avoir la gêne ou avoir l'inquiétude de ne pas être pris au sérieux. Tu vois? Et c'est de notre faute. Très probablement, tu vois parce qu'on
Laurène:Oui et puis de tous les tabous aussi parce que là, je pense que. Parler du fait que tu as une petite plaque d'eczéma sur le bras. C'est une chose parler du fait que tu as des pertes odorantes qui sentent le poisson pourri ou tu vois ou que justement tu n'arrives plus à faire l'amour parce que tu as trop mal ou que tu n'as pas d'érection. Il y a des choses aussi qui touchent à des sujets d'intime pur et qui sont du coup très difficiles à verbaliser. Je pense que ça dépend aussi du thème et moi, mes thèmes de prédilection sont moi, je suis très à l'aise, mais ce n'est pas le cass de tout le monde et. Et dire que tu as passé de bière cervicales ou quoi? Pas forcément évident. Tu vois, mais
Matthieu Cantet:mais peut être ça, casser la glace, tu vois? Et puis essayer de faire une petite phrase d'accroche Avoir un peu de courage pour dire voilà là, j'ai peur. J'ai envie de vous dire quelque chose est-ce que je peux avoir votre attention et que vous me preniez en considération si le type ou la nana en face a un minimum de bienveillance, d'empathie et un bout de cerveau disponible en général, tu vois une petite lampe qui s'anime Il se dit bon là, il faut que je connecte et que je me connecte avec la personne en face de moi parce que de toute évidence, il y a quelque chose qui que je dois faire.
Laurène:me sortir un dos là.
Matthieu Cantet:Voilà il faut que je la parce que, mais je pense, ça peut être un bon c, franchement.
Laurène:Oui et du coup, si on veut faire un truc très concret, comment peut être tu aider les gens à un petit checklist à bien préparer une consultation quand justement, t'es sur des sujets comme ça. Je te donne des exemples à la volée mais j'ai l'impression de pas avoir assez de progestérone. J'ai peur qu'on se foute de ma gueule. Si je demande un dosage de progestérone, j'ai des douleurs. J'ai peur qu'on se moque tous ces petits trucs ou tu sais que tu. Toi, tu as été à l'écoute de ton corps. Tu as des symptômes à donner. T'as un peu une idée de là ou il faudrait aller, mais tu veux y aller à taon un peu longtemps en même temps, parce que c'est des sujets. Ta chi intimes machin comment tu prépares bien ta consultation et comment tu tu la dé? Tu commence à nous le dire sur ces petites phrases et tout. Mais voilà sur le jamais des documents. Tu vois un peu le truc. Ce n'est pas universel parce que tout le monde n'est pas Mathieu mais mais qui, en tout cas, pourrait aider les gens à mieux préparer ce moment qui parfois, est un peu redouté.
Matthieu Cantet:Le principal, c'est d'aborder le motif de venue en premier. Tu vois, si tu viens parce que tu as des douleurs, il faut le dire. Si tu viens parce que tu as envie d'une prescription, il faut le dire en fait, tu
Laurène:Ouais ou il ne faut pas essayer d'en l'Oder dire sur un malentendu va me faire ma prescription. Non, tu veux ta prescription? Tu essaye de la demander explicitement
Matthieu Cantet:Écoute, oui, si vraiment t'as envie, tu as besoin d'une prescription parce que tu sais que c'est ton besoin après libre à ton médecin de te la refuser. Tu vois? Mais tu ne vas pas tourner autour du pot 40 ans. Tu vois, tu, je pense, annonce déjà pourquoi tu es là si ce n'est pas une demande administrative ou une demande de certificat ou de prescription. En général, il faut partir de sa plainte. Tu vois
Laurène:ok
Matthieu Cantet:la grosse erreur, c'est de parler du dernier résultat d'imagerie ou de la dernière prise de sang parce que tu tu risques d'emmener ton soignant. à Soigner une prise de sang ou soigner une imagerie, c'est pas ce qu'on veut. On veut qu'il te soigne toi et donc, ou si ton problème, c'est des trous, des dispar, c'est à dire des douleurs à la pénétration depuis deux ans et que tu as fait des IRM et des échographie et des bilans hormonaux, etc. En fait toi ton problème, c'est ta dispar ni ta douleur quand tu fais l'amour à ton mec et c'est de là qu'il faut partir, il faut remonter un petit peu. C'est quoi la source de ton problème? Ça peut peut-être te remonter depuis très longtemps. Est ce que c'est une fatigue est ce que c'est une un trouble de l'humeur est ce que c'est une douleur. Faut commencer par là. D'abord et après, tu peux dire voilà. Suivant cette plainte, j'ai fait tel ou tel examen. Je suis allé voir tel ou telle personne. Et si je viens vous voir aujourd'hui, c'est pour telle chose
Laurène:Et tu viens idéalement, on disait si tu as fait un peu du journaling de symptômes ou tiens. Si t'as vu des professionnels un peu du paramédicaux qui t'ont aidé à faire un premier premier niveau d'analyse, pas de diagnostic mais de compréhension. Tu l'amènes tu y vas doucement tu tu vas
Matthieu Cantet:pas carrément.
Laurène:ou.
Matthieu Cantet:À titre personnel, je considère qu'en fait, chaque individu est si complexe que tous les professionnels médicaux et paramédicaux t'apportent des informations différentes, un peu comme des angles de photos différents. Tout est important. L'exemple typique quand tu es à l'hôpital, moi, je travaille plus à l'hôpital, mais quand, quand j'étais à l'hôpital ou dans une clinique, on avait des staffs le matin et tu avait les aides soignants qui donnaient des infos sur comment s'était passée la nuit. C'est hyper important parce que tu peux savoir si ton patient, il a eu des troupes du sommeil. S'il a mal dormi, s'il a été anxieux, s'il a eu des troupes du transit, tu as ensuite l'infirmière qui va te dire ou l'infirmier. Des choses sur ses médicaments, sur son comportement, etc. Puis après même les agents d'entretien qui vont te dire, moi, je l'ai vu dans le couloir, etc. Tout ça, ce sont des informations. Elles sont utiles. Après un peu comme un enquêteur, tu as le choix de les prendre ou de les laisser. Mais ce qui est très important, comme une enquête, c'est de prendre tous les indices. Ça, c'est la scène du crime. Tout est important. Il ne faut pas la souiller. Il faut tout prendre.
Laurène:Oui.
Matthieu Cantet:Et peut être que la clé viendra d'un de ces éléments là. Donc il faut tout prendre et après tu fais le ménage. Donc, en tant que patient, c'est extrêmement important, comme tu viens de le dire, de préparer un peu sa consultation. C'est une excellente idée. Et moi d'ailleurs, je conseille à mes patients, tu vois de ranger leur examen et de les classer, par exemple, tu avoir un petit classeur ou un porte vue et tu des prises de sang à appar chronologique. Ensuite, des imageries par ordre chronologique étaient courrier de consultation. Par exemple, ça c'est hyper puissant. Tu donnes tout à ton soignant. Il a casse penché dessus. Il a tout, donc je crois qu'il faut préparer sa consultation un peu en amont pour pitcher un peu ton problème. Tu vois un peu comme ta start up. Si tu cherches à tu vois
Laurène:Faut pas savoir faire en un h en 10 minutes ou en une minute.
Matthieu Cantet:ou on dans un monde de déficit de l'attention ou en plus, les médecins ont des rendez vous hyper fréquemment. Donc, malheureusement. Il faut essayer, au moins et début d'être succinct. Tu donnes ton motif devenu, tu donnes le résumé de ton parcours. Voilà, même en trois minutes, c'est possible. En fait, et après ton médecin, il peut avoir le choix de revenir sur des éléments que tu l as transmis ou pas, mais ça me paraît une très bonne chose.
Laurène:Oui, même si c'est un truc que tu as vu avec un oséo, un
Matthieu Cantet:Bien sûr.
Laurène:sophrologue à des gens qui ne sont pas forcément toujours valorisés
Matthieu Cantet:Et
Laurène:auprès de certains médecins.
Matthieu Cantet:mais moi, je trouve moi, je suis très heureux quand un patient me dit qu'il allait y avoir une souffr log et lui a dit ceci, il a dit cela, alors ce n'est pas un langage médical. C'est un langage différent, mais qui apporte des informations qui peuvent être très intéressantes. Si mon patient, il me dit que la séance, c'est la sophrology qui lui a fait de la visualisation lui a fait beaucoup de bien. Je me dis ah ok, c'est cool. C'est une info importante. Ça veut dire que le patient, il va être sensible. Si j'essaie de de lui prescrire des choses qui vont faire appel à la visualisation, à de la cohérence cardiaque, à du yoga, des choses un peu introspectives à du à du spirituel. Très intéressant.
Laurène:ou as tu vas sur du spirituel.
Matthieu Cantet:Alors oui, tu sais que le spirituel, c'est maintenant complètement recommandé par notamment le collège des médecins interrogatifs aux et états-unis. C'est un collège spécialiste aux Etats-Unis. Ils ont intégré la spiritualité dans le bien être global de leurs patients spiritualité qui n'est pas forcément religion.
Laurène:oui, ni ésotérique ni
Matthieu Cantet:Pas exactement à quelqu'un qui cultive une religion. Il faut le pousser là dedans, parce qu'on sait que la religion, ça fait du bien quand tu y crois, c'est quelqu'un qui n'est pas branché. Religion. Tu peux avoir une vie spirituelle. Ça peut passer par de la poésie, par de la philosophie, par de la contemplation de la nature, par trouver quelque chose de plus grand que toi qui peut te donner un sens et tout simplement, ça fait du bien pour la santé,
Laurène:Ou oui, en fait, tout ce qui fait du bien ne fait pas de mal quoi
Matthieu Cantet:Et exactement exactement. Et c'est important de soulever ce genre de choses.
Laurène:Oui et avant qu'on conclut Mathieu, Qu'est-ce que tu fais? Si tu as face à toi, tu as fait tout ça. T'es trop fort. Tu as fait ta petite pré p. Tu arrives et tout. Mais tu as quelqu'un qui balaye tout d'un revers de la main en disant que vous posez pas toutes ces questions. Madame, arrêtez d'y penser quand c'est pour avoir un bébé ou c'est normal d'avoir mal ou toi. Et donc j'entends bien aller chercher un second avis quant à le luxe de pouvoir le faire parce que t'es dans une grande ville, par exemple. Quoi? Mais sinon à froid, à chaud plutôt tu vois? Qu'est ce que tu fais dans ce cas là, tu bats en retraite. Tu vas au front, tu
Matthieu Cantet:Alors là, je parlais à titre personnel en tant que patient. Si quelqu'un me dit ça très sincèrement, il perd toute crédibilité et toute ma confiance.
Laurène:Oui.
Matthieu Cantet:Je suis désolé si tu n'as pas le choix parce que c'est un énorme ponte et que c'est le seul qui peut répondre à ton problème à 100 kilomètres à la ronde et que personne ne peut avoir un an, ok, tu es obligé de serrer les faits et puis d'avaler ton humiliation, ta honte et de traiter avec lui. Mais je pense que. Si ça m'arrivait comme comme patient, moi, je préférerais claquer la porte. Vraiment, de toute évidence, dire ce genre de choses, ça n'est plus acceptable en fait violence. Et je pense que personne ne devrait subir ce genre de situation.
Laurène:Oui, je suis d'accord avec toi. Je Je suis d'accord avec toi, mais c'est malheureusement peut-être encore pas fréquent, mais ça arrive en tout cas sur
Matthieu Cantet:J'espère, il faut être optimiste. Tu vois moi, j'adore mon boulot. Je, c'est ma passion. Et je pense qu'il y a toujours quelque chose à améliorer dans ce bas monde. Donc moi, je me bats pour ça et je pense qu'on a quand même beaucoup moins qu'il y a plusieurs années et je crois qu'on peut s'en réjouir.
Laurène:Ouais, on a beaucoup parlé là de comment être un bon patient. Toi, ton podcast est super, docteur. Du coup, tu peux, tu donnes pas des conseils mais tu commandes du coup on est un bon, un bon soignant maintenant qu'on sait comment être un bon patient.
Matthieu Cantet:Et bien c'est, c'est un chemin. En fait, j'essaie de m'améliorer tous les jours. Tu vois depuis des années et des années, il faut. Développer des conséquences des compétences techniques. Il faut lire, il faut apprendre, il faut aller voir les gens faire et il faut développer de l'autre côté des compétences humaines. Tu vois en échangeant, en lisant, en essayant de sortir de la médecine pour aller s'intéresser à d'autres disciplines des sciences humaines de la biologie, la philosophie de la poésie, de l'art. Essayer de sans cesse s'améliorer et de gagner en compétence. Mais je te rassure, moi, c'est quelque chose que j'adore faire. Je fais ça depuis des années et des années, tous les jours, je bouffe de la médecine et, et il y a des jours ou je suis un soignant catastrophique il y a des jours ou je n'ai pas dormi parce que mon bébé fait pas ses nuits et que j'arrive crevé et que j'ai beaucoup de patients. Et que je suis fatigué et ça peut m'arriver d'être extrêmement irritable et je suis nulle et j'espère que c'est rare. Et à chaque fois, j'essaie de m'améliorer, mais malheureusement ça peut arriver. Ce n'est pas un chemin linéaire. Comment on devient un bon soignant? C'est comment on devient une bonne mère. Combien
Laurène:Mais
Matthieu Cantet:tu vois? C'est extrêmement difficile. Il faut avoir un cas d'excellence et il faut être tolérant avec soi, même.
Laurène:Ou ça me fait penser ce que tu dis, moi, ma généraliste, qui est toujours un peu sympa, mais un peu condescendante. Et j'ai très, très peu chez le médecin, mes enfants, j'ai la chance qu'il soit jamais malade. Donc tu en y va une fois tous les ans, voir tous les deux ans, mais chaque fois, elle me juge un peu, tu vas mais mais ça, il n'y a pas besoin. Ce n'est pas virale ou tu vois. Et un jour, elle m'avait vraiment envoyé. Boulet. Au téléphone. J'avais appelé pour savoir si fait extra rendez vous parce que plus qu'il avait, non, ça c'est viral. Donc ça sert à rien. Et j'avais dit je dis je suis désolé, mais chaque fois que je vous parle, j'ai besoin d'être une mauvaise mère. Tu vois? Et donc elle m'avait un peu à raccrocher au nez parce que je pense qu'elle avait impatient. Et le soir en m. Envoyé un long mail en disant je suis désolé, j'ai passé une mauvaise journée. J'ai mal dormi. Vous êtes une super maman. Ça se voit. Et je vous prie m'excuser et vous avez eu raison de le dire. Et je m'étais dit tu vois? Sympa. Parce qu'effectivement en fait, je pense qu'elle avait juste passé une journée de merde. Je pense que je vais souvent chez elle un jour de journée de merde, mais mais néanmoins, elle avait reconnu, tu vois que elle avait été un peu dure avec moi et que
Matthieu Cantet:Ouais.
Laurène:qu'il fallait, il fallait rattraper le truc. Quoi?
Matthieu Cantet:Je trouve ça magnifique. Et je trouve ça franchement un po. Je trouve ça. Magnifique. Et moi, je cultive beaucoup ça dans mon métier. Quand tu fais une connerie, tu l'assume, tu le dis, tu tcu. Tu vas voir les gens les yeux dans les yeux. Tu mets tout ça à plat et non seulement tout se dégonfle. La pression baisse. Non seulement tu évite plein l'emmerdement tu évites les procès. Beaucoup de procès médicaux sont dit il y a des problèmes de communication parce que les gens ont envie d'avoir des infos que les médecins n ont pas transmis. Donc il faut avoir de l'humilité. Ça m'a arrivé. Ça m'arrive toujours de faire des erreurs. Et bien tu, tu, tu, tu, tu prends ta petite fierté là. Hop. Tu la dégonfle. Tu vas voir ton patient et tu lui dis voilà. J'ai fait une erreur. Je m'excuse auprès de vous. Je vous présente mes excuses. Et c'est ce qui se passe. Même quand les hor, les grosses, les gens, ils ne sont pas idiot. Oui, je comprends, docteur. Merci. Comme comme toi, tu fais avec ta patiente. C'est un métier difficile. C'est un métier magnifique, mais on est des humains. On n'est pas des
Laurène:c'est y perdure ce que tu disais tout à l'heure, on enchaîne les personnes avec qui tu vas avoir plus ou moins de feeling. Et c'est vrai pour les SOS, les patients que tu peux changer de médecin quand tu appelle feeling, mais le médecin, lui, il a moins ce choix de refuser des patients. Donc il y a peut être des moments aussi vous, c'est sa fuite, pas et ce n'est pas évident d'avoir cette alliance thérapeutique.
Matthieu Cantet:et moi je milite aussi pour que les médecins puissent dire à leurs patients. Je suis désolé, je ne peux pas vous suivre correctement parce que le courant passe pas du tout entre nous. En gros, ça fait des mois.
Laurène:chaud à dire ça quand même.
Matthieu Cantet:Tu as le droit de le faire. Si tu propose à ton patient une alternative, c'est à dire qu'il débrouille
Laurène:je ne suis pas la bonne personne, mais on va avoir
Matthieu Cantet:alors arrivé. Mais ce n'est pas du tout exclu que des patients irrespectueux. Des gens qui posent des lapins, des gens qui vraiment considèrent pas du tout ce que tu leur raconte, ça encore jamais arrivé, mais ce n'est pas du tout exclu. Que je puisse leur dire, écoutez, je suis vraiment désolé, mais en fait, ça ne peut pas continuer entre nous parce que vous m'avez posé trois lapins parce que vous écoutez pas ce que je vous dis alors que j'essaye de bien communiquer. En tout cas, je fais du mieux possible pour le faire avec vous. C'est pour ça que je préfère que vous allez voir mon confrère. Voici son numéro. Voici sa car vous pouvez prendre rendez
Laurène:de empoisonné et.
Matthieu Cantet:Et c'est une relation, ça se fait à deux. Donc.
Laurène:Ça peut très bien se passer avec quelqu'un d'autre.
Matthieu Cantet:Devrait la subir en fait. Mais bon, je sais très bien que c'est un peu béni. Oui, oui. Ce que je dis parce que beaucoup de patients, malheureusement, n'ont pas le choix.
Laurène:ouais, bien sûr, non, mais c'est hyper intéressant. Est ce qu'il y a un truc qu'on ne s'est pas dit. Est ce que t'as un mot de la fin à transmettre sur ce sujet de la relation.
Matthieu Cantet:Je pense qu'il faut se faire confiance et que quand tu vas avoir un médecin, c'est comme tu vas avoir un avocat, un notaire, un boulanger, un plombier, n'importe qui, ce sont des humains qui se doivent du respect mutuel et de la compréhension. Voire même un tout petit peu de bienveillance. C'est hyper important. Personne ne devrait se faire humilier, martyriser, moquer gêner ou déconsidérer si on a une gêne, une timidité. Je pense que c'est important de le dire. Et puis après, je pense qu'il faut aussi avoir le courage de dire les choses d'avouer ses faibles. Patient comme soignant. Et puis aussi de faire confiance aux gens parce qu'on est capable du pire, mais on est aussi capable tous de choses vraiment formidables. Et je crois qu'il faut aussi se faire confiance.
Laurène:Ouais. Merci Mathieu. C'est très beau. Pour finir, je te remercie. Non, c'était hyper intéressant sur un sujet pas forcément évident, mais je pense que c'est un épisode qui aidera plein de gens à mieux aborder cette petite peur du rendez vous médical et. Et je sais si on en a besoin de parfois de courage pour aller au front quand on a, quand on n'arrive pas à avoir un bébé, par exemple et que et qu'on a besoin d'être aidé. Donc voilà pépite, merci pour tout ça. Ce.
Matthieu Cantet:Merci Laurène.
Laurène:J'espère sincèrement que cet épisode vous a plu. Je le redis pour celle que ça intéresse les Fertility club re ou ses portes dans quelques jours. En tout cas, si vous écoutez cet épisode à la date de sa sortie. Donc je vous mets en description le lien pour le rejoindre, la liste d'attente, encore quelques jours et après le club. Et si vous avez des questions, surtout, n'hésitez pas à me les poser. Et encore merci du fond du cœur à Mathieu pour toutes ces infos très utiles. Moi, je me réjouis de retrouver la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Et d'ici là, je vous embrasse. Émanciper émanciper émanciper que.