Émancipées, le podcast
Le podcast qui émancipe les femmes (et les hommes !) en leur donnant des clés pour comprendre leur corps et leur cycle, pour leur permettre de maitriser leur fertilité, leur contraception et leurs hormones avec autonomie et confiance !
Le savoir, c’est le pouvoir, et Laurène est bien décidée à vous apporter un max, en répondant à des questions qu’on se pose tous, ou pas, seule ou avec des experts passionnés, pour que votre intimité n’ait plus de secret pour vous !
Émancipées, le podcast
#108 Deuil périnatal : l'épreuve qui a scellé une amitié ❤️🩹
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À propos de l'épisode :
Le deuil périnatal est une épreuve profondément intime et évidemment éminemment douloureuse, dont on parle encore trop peu. Dans cet épisode, Marine et Éléonore racontent avec une grande sincérité la perte de leur bébé, les émotions qui ont suivi, le regard parfois maladroit de l'entourage et le chemin qu'elles ont parcouru ensuite pour continuer à avancer malgré tout.
Elles évoquent aussi leur amitié née de cette expérience commune, devenue un véritable soutien au quotidien, même quand elles sont toutes les deux retombées enceintes ensuite. Ensemble, elles partagent ce qui les a aidées, les difficultés invisibles auxquelles sont confrontés les parents endeuillés et l'importance de pouvoir parler librement de son enfant, de son histoire et de son deuil.
Un témoignage profondément humain qui apporte de l'espoir, de la compréhension et rappelle que personne ne devrait traverser un deuil périnatal dans le silence. Merci infiniment Marine et Éléonore ! 🤍 C'est aussi un épisode destiné aux proches, qui vous donnera quelques clés pour mieux accompagner, écouter et comprendre les parents qui traversent cette indicible épreuve 🙏
Nos Clubs :
👶 Vous êtes en projet bébé et/ou souhaitez reprendre en main votre fertilité naturellement ? Le Fertility Club peut vous aider !
🤰🏼 Vous venez d'apprendre que vous attendez un bébé ? Le Mama Club vous accompagne pendant votre premier trimestre 💪
💔 Pour celles qui vivent une grossesse arrêtée, le Club d'Après est là pour vous ❤️
Nos mini-programmes :
🆙 Pour booster sa progestérone en phase post-ovulatoire, c'est par ici !
💦 Et pour une glaire cervicale de folie, c'est par là 😇
Mais aussi...
🖥📱 On est ravis de partager toutes nos connaissances et de vous retrouver (dans la joie et la bonne humeur !) sur notre site web et notre compte Insta ! 😊
C'est un sujet qui est hyper tabou sociétalement et les gens osent pas trop en parler. Entre guillemets, dans ton malheur, ça peut être une chance de tomber sur des gens qui l'ont vécu aussi. Dans n'importe quel contexte, t'as des atomes crochus ou pas. Avec Marine, ce qui est vraiment fou, c'est qu'au-delà d'avoir cette histoire en commun, on a aussi plein d'autres trucs à partager. Bonjour à toutes et à tous, j'espère que ça va. Je suis très très heureuse de vous retrouver pour cet épisode aujourd'hui. C'est un épisode à la fois si beau et si dur, mais si beau, vraiment, avec deux femmes exceptionnelles qui sont Éléonore et Marine, qui ont suivi toutes les deux un Fertility Club, qui se sont rencontrées dans ce cadre-là, qui ont vécu avec une synchronicité assez incroyable, sans se connaître, une histoire, mais aussi un deuil de leur petit bébé, quasiment en même temps et qui se sont trouvées dans ce chemin-là, dans ce parcours-là, et qui se sont tellement portées, apportées. C'est, c'est magnifique, vraiment. Le jour où elles m'ont écrit toutes les deux pour me raconter tout ça, j'avais les larmes aux yeux. Donc j'étais vraiment hyper heureuse quand elles ont accepté de venir partager leur histoire dans le podcast. On a eu des petits soucis de son. Donc je suis absolument navrée du son qui est pas parfait, mais j'espère que vous entendrez malgré tout, toute la magie, toute la beauté à travers les mots d'Éléonore et de Marine. Je vous laisse avec elles. Place à l'épisode. Salut les filles, je suis super contente de passer à ce moment avec vous. Contente et émue, parce que on s'est déjà parlé toutes les trois et je sais que, voilà, le, l'histoire qu'on va raconter aujourd'hui est pleine de, pleine de, d'émotions, et de, de belles choses aussi. On va raconter votre histoire à toutes les deux, une histoire d'amitié, mais qui est dans une plus grande histoire, de vos fils notamment, qui sont, partis, pendant, en fin de grossesse toutes les deux.'Fin, vous expliquerez, beaucoup mieux que moi. On va parler de deuil périnatal notamment. on va parler de, de reconstruction après. vous-- c'est-- toutes les deux, vous m'avez contactée parce que vous vous êtes rencontrées, bah, alors que vous étiez en train de vivre des choses assez similaires et vous vous êtes trouvées dans le, dans le Fertility Club. Vous nous expliquerez ça bien mieux que moi. mais avant qu'on commence, Eléonore, Marine, est-ce que vous pouvez déjà juste vous présenter ? Et, et après, on racontera vos histoires. Je m'appelle Éléonore, j'ai 35 ans et je suis la maman de Lazare. Il est né et décédé en 2023 et de Joséphine qui est née l'année dernière en juillet 2025 et je suis mariée à Marc. Moi, je m'appelle Marine. Comme Éléonore, j'ai 35 ans. Le petit truc rigolo, c'est qu'on est nées à quelques jours d'écart au mois de janvier. Et je suis la maman de trois petits garçons : Paolo qui est né en 2021, Nino qui est né en 2023 et Camille qui est né le 31 janvier 2025. Et je suis aussi mariée à Clément, qui est mon conjoint depuis 15 ans Et donc c'est l'histoire notamment de Lazare et Nino, qui fait que vous vous êtes rencontrés, puisque vous avez vécu la même chose, Enfin des choses très proches sans le savoir. Vous vous connaissiez pas encore, c'est juste après que vous vous êtes rencontrés. Ma petite question rituelle dans le podcast, c'est de vous demander, en quoi vous vous sentez émancipée. Donc avant qu'on rentre dans le, dans le cœur de votre histoire, est-ce que vous avez une réponse à ça aujourd'hui ? Ouais. m'émanciper un petit peu du regard des autres et dire un petit peu plus ce dont j'ai besoin et ce que je veux. Et voilà, cette épreuve m'a permis de me sentir un petit peu plus légitime sur plein d'aspects Toi, Marine ? Bah plus être juste une femme. Devenir une mère avec tout ce que ça implique et aussi prendre conscience qu'il y a une vraie dimension politique dans la maternité. Je pense que c'est à ce moment-là où j'ai commencé à m'émanciper de peut-être d'anciens carcans que je portais plus avant, notamment sur des questions de charge mentale, sur des questions d'équilibre dans le couple. C'est vraiment la maternité qui m'a émancipée à ce niveau-là. tu me fais une super transition, Marine, on va commencer avec toi si ça te va. toi, t'as été maman une première fois en 2021. Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu, l'histoire avant, ton premier fils et puis, et puis après jusqu'au moment de la rencontre avec Éléonore et donc, du coup de-- l'histoire aussi de Nino Ouais, bien sûr. Donc avec mon con-, mon mari, ça fait longtemps qu'on est ensemble avec Clément. On s'est rencontrés pendant nos études, et on a toujours su qu'on voulait des enfants. Lui vient d'une fratrie de trois, moi de trois également. Et on s'est dit très vite qu'on voulait des enfants et moi, je voulais des enfants assez jeunes. J'm'étais dit avant 30 ans, j'aimerais avoir des enfants. Et en fait, on a eu notre petit Paolo, bah j'avais 30 ans tout pile. c'est vraiment, c'est-- on était le premier couple à avoir des enfants, donc on découvrait plein de choses en même temps. Et c'était une grossesse qui est-- s'est passée-- qui était un peu compliquée à la fin parce que Paolo est arrivé grand prématuré, deux mois avant son terme. c'était un peu stressant parce que j'étais en rupture, Enfin, j'étais en risque de prématurité. J'étais, j'avais beaucoup de contractions. Bon, c'était pas une grossesse très sereine et son arrivée dans la vie a ess-- a été assez intense du fait de sa prématurité. Il a mis beaucoup de temps à bien voir. Il avait une cécité partielle, donc on nous a dit que pendant très longtemps, il serait parti-- il serait partiellement aveugle. C'était-- c'est des choses assez lourdes à porter. Je pense qu'ils nous ont un peu aussi peut-être un petit peu abîmés dans notre entrée dans la parentalité avec Clément, parce que comme aucun de nos amis couples avaient d'enfants, on avait ce truc-là où on pensait que tout serait simple. Moi, j'étais sortie de la maternité, je me souviens encore, j'avais prévu la petite tenue trop mignonne que je voulais mettre pour faire des photos trop simples, Enfin trop, trop jolies à mettre sur Instagram. Et en fait, on s'est vraiment pris un mur dans la tête en se disant : « OK, en fait, c'est pas aussi simple que ça. Des fois, ça peut mal tourner, des fois, ça peut être compliqué, ça peut parfois être un peu un parcours du combattant aussi.» Donc on-- notre entrée en, en parentalité, elle a été comme ça, assez intense, assez dure, avec plein de belles choses aussi, parce que finalement, l'état de santé de Paolo s'est beaucoup amélioré, ça a été plus simple. Donc, donc voilà. Mais on a pris un petit peu lourd au démarrage, on va dire. Et ensuite, assez vite, on s'est installés en Italie. C'est une, une chose importante dans notre histoire. On est arrivés en Italie quand Paolo avait six mois. Et ensuite, on s'est très vite dit : « OK, on a envie d'un deuxième'Fin, moi, plus vite que mon conjoint. Genre quand Paolo avait un an, je me souviens, on s'est assis aux réseaux,
je lui dis :« OK, j'suis chaud. Genre on peut repartir Let's go. Et alors mon conjoint était un peu plus frileux, mais genre on s-- on s'est relancés assez vite en fait quand Paolo avait un an et demi. Sur tes bons conseils d'ailleurs, Laurène, genre j'avais découvert ton compte à ce moment-là. Je suis tombée enceinte en un mois. Genre c'est magique, j'avais découvert la glaire cervicale, j'étais comme une ouf, en mode genre c'est T'étais dans le Fertility Club à ce moment-là Non, pas, pas à ce moment-là. Là, je m'occupais juste de-- je regardais juste un peu les infos qu'il y avait sur ton compte Instagram. Ça a marché nickel, j'étais trop heureuse et malheureusement, j'ai fait un arrêt de grossesse à six semaines, qui s-- on s'en est rendu compte à deux mois et là, ça a été hyper dur. Genre une violence, genre je m'attendais vraiment pas à ça. Donc, c'était dur, c'était pas facile.
Et assez vite, on s'est dit :« Bon, on se relance, c'est pas grave, c'est un accident de parcours, ça arrive. Là, on était à Noël 2022. J'ai fait mon arrêt de grossesse à Noël en plus, donc période horrible, Enfin, vraiment pas fun.
On se dit :« Allez, c'est pas grave, on se relance.» Et là, Paolo a 2 ans en mars. Et en fait, c'est le cycle où je retombe enceinte, qui est le même cycle qu'Eléonore d'ailleurs, j'pense. Oui, c'est ça. Ouais, on est sur le printemps et là, on est dans un bon mood, tu vois.« OK, vas-y, j'ai eu-- j'ai fait une fausse couche, la grossesse s'est arrêtée à deux mois. Le malheur peut pas retomber une deuxième fois, ça va bien se passer et tout, c'est bon, super.» Et là, en fait, ma grossesse est un peu compliquée parce que j'ai des saignements assez vite et je me dis : « OK, en fait, je refais une fausse couche, c'est horrible. Je vais tout de suite voir mon gynéco qui me dit à l'époque : « Non, j'pense pas que ce soit une fausse couche. J'pense que c'était des jumeaux. Ça devait sans doute être une grossesse gémellaire parce que je vois une petite poche de sang. Y a sûrement un des jumeaux qui s'est pas accroché. Donc t'inquiète pas, aucun problème, c'est pas grave, ça arrive. Fais ta vie.
» Donc, je me dis :« OK, bon bah, il a l'air sûr de lui et tout.» Et les saignements continuent et ça me stresse un peu, mais il est vraiment serein. Et en fait, y a une fois où j'ai vraiment beaucoup beaucoup de saignements et je vais quand même à l'hôpital. Et en fait, là, on me dit, au gynéco, il a fait une erreur de diagnostic. En fait, c'était pas un jumeau évanescent qui n'est pas resté. C'est un hématome placentaire. C'est une petite poche de sang qui se forme à côté du placenta. Et en fait, c'est en général pas très grave au premier trimestre parce que c-- en général, ça se résorbe. Dans la plupart des cas, c'est comme ça que ça se passe. On, on peut ralentir un peu ou pas. D'ailleurs, y a pas d'études qui prouvent qu'en ralentissant, ça se calme plus.
Mais là, il m'avait dit :« Voilà, vous aurez peut-être dû mettre un peu… » Moi, j'avais fait des randos, j'faisais plein de sport.'Fin bon bref, j'étais en mode tout va bien quoi.
Et là, ils m'ont dit :« Bon bah là, par contre, c'est un peu chaud parce que vous rentrez dans le deuxième trimestre et on n'aime pas les hématomes qui restent au deuxième trimestre parce que ceux-là, ils ont un moins bon pronostic. Donc vraiment, le but, c'est de bouger le moins possible pour que votre hématome cicatrise, puisse s'évacuer par lui-même et que du coup, votre grossesse puisse continuer. Mais pour l'instant, votre hématome et votre bébé, ils cohabitent. Et on n'aime, on n'aime pas cette configuration à deux mois, au deuxième trimestre. Donc calmez-vous un peu. On fait des check-up tous les 15 jours et on voit comment ça se passe.» Donc moi, ça me stresse un peu. Avec mon mari, on a notre antécédent de fausse couche, notre antécédent de grossesse compliquée pour Paolo. J'suis pas sereine. J'suis vraiment pas sereine. J'suis dans des phases où j'suis un peu en déprime, voire en début de dépression, j'pense, parce que je reste alitée toute la journée, j'suis stressée pour mon bébé Ça va pas trop. La grossesse continue et en fait l'hématome reste là. Et l'hématome grossit et prend de plus en plus de place. À ce moment-là, on sait que c'est un petit garçon, on sait sans doute qu'on l'appellera Nino. Ça devient vraiment un bébé qui est concret quoi. Je rentre dans mon troisième trimestre et là, je me dis : « OK, en fait, il faut que je rentre en France Je suis pas sereine d'être isolée toute seule en Italie. On avait un peu la barrière médicale de la langue aussi, qui des fois était pas simple.
Je me dis :« Il faut que je rentre en France parce que s'y a un problème, je veux être auprès de mes proches, je veux que, voilà, qu'on puisse avoir un soutien». Et là, on est tout de suite rapatriés sur,'fin, on, on est rattachés à l'hôpital de Lyon, HFME, qui est un super hôpital. Et en fait, assez vite, on rentre en diagnostic prénatal. C'est un service spécifique qui te permet de donner les, les chances de ta grossesse ou pas, de voir si, comment les médecins peuvent t'accompagner au mieux sur ta grossesse. Et en fait, là, très vite, ils nous disent, : « Le pronostic est pas super, on va voir, mais en fait, le gros risque des hématomes, c'est que c'est un nid à infection. Donc vous pouvez avoir une infection et si vous avez une infection trop tôt dans votre grossesse, bah, tout fout le camp quoi ». Vraiment, c'est, c'est, le pronostic devient dans ce cas-là vraiment vital, engagé, pot-- pour l'enfant, potentiellement pour la mère aussi. Donc, on vous surveille, mais si y a infection, on vous le dit d'avance, ça sera pas bon quoi. Donc nous, on, on continue le jour le jour. Moi, je continue d'être alitée, de pas beaucoup bouger, d'être un peu en déprime avec mes sentiments pas rigolos. J'ai l'impression de rater mon grand aussi qui évolue ouais, parce que t'as un grand. donc c'est dur, donc pas simple. Et en fait, là, à 22 semaines, je déclare une infection et je romps la poche des eaux. Ce qu'on appelle une rupture prématurée des membranes. Donc 22 semaines, c'est très tôt pour un petit bébé. On est à 5 mois et demi de grossesse à peu près. Donc, c'est chaud.
Et là, l'hôpital nous dit :« OK, vous revenez tout de suite, vous êtes
hospitalisée ». Et ils me disent :« En fait, vous êtes vraiment dans une zone grise très compliquée parce que 22 semaines, on ne sait pas encore comment les poumons de votre bébé sont développés. On peut pas savoir s'il respirera de lui-même. On peut-- » Le gros, le gros risque se situe au niveau des poumons. Moi, j'avais aussi un autre problème, c'est que mon bébé était, Nino était très bas dans mon ventre, donc ils arrivaient pas à mesurer son périmètre crânien. Donc ils arrivaient pas à savoir si, ça, s-son, il était dans un bon développement ou pas.
Donc ils nous disent :« Ça fait deux choses qui sont un mauvais pronostic ». Et en plus, j'avais déjà aussi beaucoup de contractions. Donc, ils m'avaient dit: « Potentiellement, à tout moment, vous accouchez demain parce que vous avez plus de poche des eaux, là, donc plus rien ne protège le bébé ». Et la prématurité, elle est vraiment très importante. On avait vécu la grande prématurité avec notre grand. Et franchement, mais qu'était-elle à combien de semaines ton grand Il était né à 33. Ouais. On parlait de 22. Donc et 33, c'est l'épreuve la plus dure qu'on ait jamais vue, j'pense. Et là, on nous parlait de 22. Et franchement, j'ai regardé mon mari, j'ai fait : « OK, en fait, je le sens pas ». Enfin la 22, c'est super dur, Enfin.
Donc on nous a dit :« Petit à petit, on peut essayer de vous accompagner jusqu'à 24 semaines parce que là, on a déjà un petit peu plus de chances de viabilité». Mais en fait, le, le corps médical continue de nous dire : « En fait, entre 22 et 24, le développement de votre bébé s'est arrêté à 22 semaines puisque vous avez rompu la poche des eaux à 22 semaines Et c'est là où le corps médical, du coup, nous a proposé un, un choix qui est en fait un non-choix qui a été hyper douloureux à faire, mais nous
a dit :« Nous, on va se réunir en conseil des médecins pour se concerter sur votre cas et voir si on vous propose une IMG, donc une arré-- une interruption médicale de grossesse, si on considère que votre grossesse a, la grossesse de Nino a très peu de chances de bien se passer et aussi que son développement à lui peut mal se passer Donc, ils se sont réunis. Il y a eu ce conseil. Donc, t'as des médecins, des gynécos, des sages-femmes, des infirmières, des s-- des, des pédiatres aussi qui sont spécialistes. Et en fait, le lendemain, 24 heures après, ils sont revenus vers nous,
ils nous ont dit :« Voilà, nous, on vous, on vous propose une IMG. Le corps médical s'est-- a regardé votre cas et en fait, on vous propose cette IMG. C'est vous qui êtes décisionnaire. C'est vous qui signez ou pas ce document.
C'est vous qui dites :"Oui, j'acquiesce à l'IMG" ou "Non, je, je refuse cette IMG". Mais nous, notre corps médical, on, on pense que les risques sont très élevés ». En fait, là, c'était dur. Et avec mon conjoint, on leur a dit : « Mais c'est quoi les risques Parce que vous nous demandez de faire des choix qui sont fondamentaux et qui sont hyper douloureux et comment on se relève d'un choix pareil ? » Et je me souviens qu'à ce moment-là, ils nous ont dit : « Bah, on considère que vous avez 90 % de chances que ça se passe pas bien pour cet enfant. Et si vous, si vous voulez faire le choix des 10 %, c'est-- tout l'honneur est pour vous. Et voilà, le corps médical sera là pour vous accompagner. On vous accompagne dans la naissance, on vous accompagne dans les soins, mais ça veut dire un enfant qui naît potentiellement à 24 semaines » et, et c'est très rude. Et en fait, ils nous apprenaient rien parce qu'on connaissait déjà un peu la prématurité. On avait une tonne de podcasts là-dessus. Et je pense que sincèrement, ça a été le plus ch-- le choix le plus douloureux de notre vie à faire. Ça a été des journées entières de larmes à n'être-- des-- avec Clément, on s'appelait les soupes.'fin, on était vraiment, on était des soupes, tu vois ? C'est--'fin, on était noyés de larmes. On avait une psychologue hospitalière qui était une énorme, qui était d'une aide hyper précieuse, qui passait nous voir, qui, qui nous demandait, Enfin voilà, qui nous aidait un petit peu à nous positionner. Et en fait, au vu de tous les facteurs qu'il y avait, au vu de notre grand, qui avait aussi des besoins d'un suivi médical toujours lié à sa prématurité, qui avait jusqu'à trois rendez-vous médicaux par semaine, on s'est dit : « En fait, on n'a pas les épaules pour faire ça. On n'a pas les épaules pour accompagner Nino qui, potentiellement, naîtrait à 24 semaines ». C'était trop lourd. Et du coup, à ce moment-là, on a décidé qu'on optait pour une IMG. C-c'était pas simple de signer ce papier. On en parle souvent encore avec mon conjoint, c'était-- je pense que c'est une des plus-- ouais, c'est une des choses qui nous, qui, qu'on gardera nous toute notre vie Mais on essaye de se dire aussi que c'était un acte d'amour et que c'était aussi pour Nino et que, Bien sûr. C'était pas la vie qu'on voulait lui offrir, 90% de risque ça nous faisait trop peur. Et donc c'est à ce moment-là qu'on a perdu Nino. Donc j'ai eu une IMG. Concrètement, en fait, tu arrives le, tu arrives le jour un, on te déclenche, on te met de l'ocytocine pour que ton corps commence à maturer et se prépare. Et en fait, Nino est né le lendemain, à J2 Et ce qui était beau, en fait, dans toute cette douleur, cette, cette douleur qui te terrasse et tout ça, c'est qu'en fait l'équipe de sages-femmes qui était là ce jour-là était exceptionnelle. En fait, c'était plein de petits gestes qui nous ont, je sais pas, entourés avec une bienveillance incroyable. On est arrivés en salle de ma-, de maternité parce que tu, tu, tu descends en materne en fait quoi. T'es à côté des femmes qui accouchent de leur bébé. Tu sais que toi, ton bébé, il va, il va naître sans crier, mais t'es quand même avec ces femmes-là. Et en fait, moi, j'avais un peu peur qu'on soit un peu mis de côté parce que en
fait, je me disais :« Bah c'est normal, y a des femmes, elles sont en train d'accoucher de leur bébé qui est vivant.» Et en fait, leur bébé qui est vivant, il a plus besoin de soins que nos bébés qui va arriver et qui aura pas besoin de soins dans l'immédiat. Et j'avais un peu peur que du coup, on soit un peu mis de côté. Et en fait, l'équipe, médicale qui nous entourait ce jour-là a été d'une humanité et d'une gentillesse exceptionnelle. Je me souviens de la sage-femme qui n-, qui a guidé notre accouchement tout le long. Elle s'appelait Mélanie. Elle était merveilleuse. Et elle nous tenait les mains, elle nous encourageait. Quand notre bébé est né, elle a pris notre petit bébé, elle a fait des soins pour qu'il soit beau, pour qu'elle puisse nous le présenter. Et après, on a passé beaucoup de temps avec lui aussi en salle de naissance et c'était précieux. Et ça, c'est vraiment un truc, j'encourage toutes les femmes à pouvoir faire ça, parce qu'au début, on nous avait dit : « Voilà, peut-être que vous voudrez lui faire des câlins, prendre des photos avec lui
Et nous, on se disait :« Oh mon Dieu, c'est pas possible. C'est un glauque de faire des photos avec un bébé qui est décédé. C'est pas possible, on peut pas. On n'a pas la force de faire ça ». Et en fait, sincèrement, c'était parmi les plus beaux moments de notre vie. C'était comme quand on avait notre petit Paolo dans nos bras. Bah là, on avait notre petit Nino. Et en fait, c'était hyper apaisé. On lui faisait des câlins, on lui mettait des chansons, on lui racontait des histoires. Donc c'est, c'est particulier parce que tu racontes des histoires de choses que tu aurais pu faire avec lui. Mais en fait, ça prend quand même une place super importante. Et sincèrement, quand on repense à ces journées-là et à ces moments-là, c'était des moments hyper importants. Et après, notre petit bébé est parti. Du coup, ben il est resté un petit peu dans le service, puis il est allé en chambre funéraire, qui est aussi, qui fait aussi partie de l'hôpital à Lyon, HFME. Et pareil, les gens, ils étaient adorables. Tu vois, en fait, on était entourés de gens adorables tout le long de ce, de ce parcours. Donc tous les ma-, tous les matins, on restait avec notre corps. On est sortis assez vite de l'hôpital et tous les matins, on dédiait nos matinées à Paolo et tous nos après-midis pendant dix jours, je crois, on allait voir Nino dans la chambre funéraire. Donc le mec qui tenait la chambre funéraire nous connaissait par cœur.
Il était là :« Vous êtes les parents de Nino, venez le voir. Chouette » et tout. C'était un peu particulier quoi. Et nos parents sont venus le voir aussi. Mon frère est venu aussi le voir. Il y avait vraiment, voilà, notre temps était divisé entre nos deux petits garçons quoi. Nos matins, on les passait avec Paolo, nos après-midis, on les passait avec Nino. Et c'était hyper important pour nous et c'était hyper apaisant. Et on garde un souvenir hyper fort de ce moment-là, tu vois. On a gardé le petit lange dans lequel il était enveloppé. T'as des belles photos ? Ouais Les sage-femmes nous ont donné 2 petits doudous qu'on pouvait garder pour nous et un qu'on a, qu'on a laissé avec Nino et qui est parti dans son cercueil. En fait, c'est que des petites choses, tu vois, auxquelles on peut se raccrocher, des choses tangibles quoi. Il a pas existé longtemps. Il a existé les six mois qu'il a passés dans mon ventre. Il a existé les 15 jours qu'on a passés ensemble à l'hôpital où il était plus vraiment là en fait, mais, mais son corps était là et c'était super important pour nous. Et ça, voilà, c'est vraiment un truc-- c-c'était marquant, c'était fort, mais on regrette à aucun moment d'avoir fait ça. Ouais Ouais, parce que juste et après on passe à toi Eléonore, mais t'as eu une autopsie derrière, c'est pour ça que c'était si long ou c'était Non, on n'a pas eu d'autopsie parce qu'en fait, vu que y a, y a pas-- les autopsies, je crois que c'est plutôt quand t'es pas sûr de la cause du décès, que t'as besoin de plus d'enquêtes. Nous, on le savait très bien. En fait, c'était un hématome qui avait créé une infection, qui avait créé une rupture prématurée des membranes. Et notre bébé n'avait des poumons qui étaient pas forcément très viables et du coup, on avait fait une IMG. Donc y a pas eu besoin de faire une autopsie. C'était plus, ils nous avaient dit : « Vous laissez votre bébé le temps que vous voulez en chambre funéraire. En fait, le temps dont vous avez besoin, il reste là Et après, on a voulu l'enterrer assez vite quand même. Donc c'est pour ça qu'au bout de 10 jours, bah voilà, il est ressorti de la chambre funéraire. On l'a enterré avec nos familles et nos proches. Mais mais c'était un temps précieux, c'était un temps incompressible. En Ouais, dont vous aviez besoin, on avait besoin de ces petits moments avec lui, ils étaient hyper précieux.'Fin, c'est vraiment des moments où on l'a bercé, on lui racontait des histoires, on lui parlait de son frère, de plein de choses. C'était, c'était essentiel. On n'aurait pas pu faire sans, je pense Ouais. Et juste l'IMG, concrètement, c'est un acte qu'on fait à toi avant l'accouchement Tout à fait. Alors, je crois qu'il y a, il peut y avoir différents cas de figure. Moi, dans mon cas, ils nous avaient dit: « On ne veut pas abîmer votre corps pour une potentielle autre grossesse après. Donc on va faire ça de la manière la plus douce possible.» Et du coup, le jou-- le J1, c'était le samedi. Je me souviens qu'on est descendu en salle d'accouchement et en fait, on t'injecte un, un premier-- on utilise une seringue, on rentre dans ton ventre et on endort ton bébé. Comme ça, il sent rien. Donc il s'endort, voilà, il est calme. Ensuite, on utilise une deuxième seringue et là, c'est un produit qui arrête le cœur de ton bébé. Donc ton bébé ne bouge plus dans ton corps. À ce moment-là, on m'a ramenée en, en chambre et je crois que t'as une anesthésie, parce que je me rappelle que j'étais-- ouais, j'avais du mal à me relever. Donc t'as une péridurale, etc. Ensuite, le lendemain, je suis retournée en salle de naissance et c'est le, c'est le, ce jour-là où mon bébé est né. Donc l'IMG s'est passé en deux temps.'Fin, t'as vraiment l'IMG, voilà, où on endort ton bébé, puis on arrête son cœur. Et ensuite, l'accouchement qui arrive ensuite parce que c'est un ch-- une chose qu'on dit pas trop aussi, mais en fait, une IM-- une IMG et un accouchement ass-- un deuil périnatal, c'est quand même aussi un accouchement par voie basse. Moi, je Bien sûr. peut-être une, une ou je ne sais pas, un truc où tu vois moins ton enfant, mais en fait, t'es quand même vraiment dans un process d'accouchement, . Et c'est important aussi, je pense, psychologiquement, pour te rendre compte que ton enfant traverse ton corps, sort de ton corps aussi, que tu l'as porté, il sort, il est là et tu l'as dans tes bras, quoi Ouais, ouais, tu, tu, tu y donnes naissance toi, tu vas jusqu'au bout. OK, Marine, on reprendra le fil après. on passe à toi, Éléonore, si tu veux bien, parce qu'en fait, sans le savoir, vous étiez toutes les deux, en train de vivre des choses, quasiment similaires à une en Italie, l'autre en France. Vous-- Mais, mais vas-y, explique-nous toi un petit peu ton parcours, Éléonore, parce que toi, pour le coup, c'était le premier Lazare Ouais, c'était le premier. C'était la première fois que je tombais enceinte. Je m'étais inscrite au Fertility Club en février et, je suis partie en Laponie pour mon voyage de noces deux semaines après. Donc au final, j'ai même pas eu trop le temps de, de, d'apprendre trop de trucs. Et en fait, c'est-- j'ai découvert là-bas que j'étais enceinte. donc trop chouette.'Fin, on était ravis et tout. Et en fait, vraiment, on arrive, on rentre de notre voyage le premier avril. C'est une date importante quand même, parce que j'ai cru que c'était quand même une grosse blague et en fait, pas du tout. j'ai beaucoup saigné. Donc en fait, j'étais enceinte de quoi Trois semaines. Donc, je vais à l'hôpital, on me dit : « C'est une fausse couche.» Oui, normal.'Fin, voilà. Donc j'encaisse le coup, mais bon, j'allais pas non plus si mal. Enfin, si mal, dans le sens où je savais que ça existait et que voilà, j'étais juste contente aussi de voir que je pouvais tomber enceinte. Quelques jours après, je vais chez la sage-femme juste pour contrôler que, tu vois, l'embryon s'est évacué, tout ça.
Et là, la sage-femme me dit :« Ah non non, mais le petit cœur bat.» Donc, vraiment, je suis tombée de mille étages quoi.'Fin, vraiment, on était avec Marc: « Mais qu'est-ce que c'est que ce bazar quoi C'est pas comme ça que ça doit se passer.» Et en fait, ça a été une succession de, de trucs comme ça dans ma grossesse et, des saignements intempestifs. Donc pareil que toi, Marine, on m'a dit à un moment, mais plus loin dans la grossesse, quand on était déjà au diagnostic anténatal, il y avait, la, la gynéco qui épluchait un peu toutes les échos, elle dit : « Ah oui, mais c'est possible que ce soit effectivement aussi un, un jumeau évanescent. Quand tu vois un peu deux poches qui se scindent en deux et il y en a un, Enfin, voilà quoi, qui, qui… En fait, c'est une-- ouais, exactement. Et ça peut provoquer des saignements. Bon, c'est une possibilité. Ça a jamais été vraiment, avéré que c'était ça. vraisemblablement aussi, il y a eu un énorme hématome. Pareil que toi, Marine, on me disait : « Mais non, mais ça se résorbe. Pas d'inquiétude. Le fœtus se développe bien. Il y a pas de précautions particulières à faire quoi ». 'Fin, on continue qui peut arriver quand même pour rassurer les femmes qui passent Ah mais la majorité des gens, ça se résorbe. La majorité des hématomes du premier trimestre se résorbent. J'ai eu aussi, des copines d'infortune d'hématomes. Elles s-- ça s'est bien passé quoi.'Fin, j'pense qu'on est vraiment dans la majorité des cas, Bien sûr voilà. On est dans une infime pro-proportion à, pour qui ça s'est pas bien passé, mais c'est rare. Et en fait, à-- la grossesse se poursuit, re, je saigne.
Y a un gynéco qui me dit :« Ah bah non, mais vous avez fait une fausse couche Donc re pareil, on va à l'hôpital pour faire un curetage. Ah non non, le cœur bat. Donc Enfin, franchement, à devenir zinzin quoi. Zinzin. Vraiment, à un moment, je me suis dit : « Mais c'est pas possible». 'Fin, vraiment, y a, y a, y a un mauvais scénario quelque part. Je sais pas, mais, on devenait un peu fou. Et après, on est passés en diagnostic anténatal. Et nous, en fait, le gros sujet, ça a été-- en fait, nous, clairement, la rupture des membranes, je pense qu'elle s'est passée à peu près à dix semaines. Donc vraiment, Enfin, c'était un, un micro-fœtus.'Fin, c'était à un stade d'embryon, . Y avait plus de membrane, c'est sûr. Et en fait, le sujet, ça a été, le liquide amniotique en quantité, largement insuffisante. donc tout le long de la grossesse, en fait, j'avais des échos tout le temps, tout le temps, tout le temps pour contrôler le liquide amniotique. Ils arrivaient pas à savoir s'il y avait une rupture des membranes. Maintenant, on le sait.
Mais en fait, ils disaient :« Y a très peu de liquide, très peu de liquide Et en fait, à chaque fois, on demandait: « Mais est-ce qu'on peut demander l'IMG? on comprend que c'est hyper compromis». Pour les mêmes raisons que Marine, c'est le développement pulmonaire, en fait. Lazare, Lazare se développait bien. Il grandissait, il grossissait, il-- son cœur battait.'Fin, tout avait l'air OK, mais les échos étaient catastrophiques parce que le liquide amniotique, c'est ce qui permet de bien voir à l'échographie. Donc nous, on voyait super mal. C'était, des images compliquées. Il était quand même vachement recroquevillé sur lui-même. c'était un enfer à voir, ces échographies. C'était, une souffrance, mais, terrible de voir son bébé recroquevillé et mal quoi. Et en fait, moi, j'étais prisonnière d'un corps. Je comprenais pas ce qui se passait. On avait une gynéco qui était vraiment pas très sympa, qui nous malmenait un peu. En fait, avec le recul, je me dis qu'on a été pas très bien accompagnés non plus sur le plan psychologique. Franchement, c'était lunaire.'Fin, on était, à des comptes rendus toutes les semaines et tout. Et nous, on demandait à l'IMG, on disait : « Mais en fait, Enfin, si, Ouais, toi, tu l'as demandé
En fait, on était en mode :« Est-ce qu'on a le droit de demander l'IMG? Parce qu'on comprend que c'est quand même franchement compromis ». Et ils
disaient à cette époque, :« Bah non, parce qu'en fait, on n'est pas sûr que ses poumons se développent pas bien parce qu'il y a un peu de liquide Et en fait, on n'est pas capables de savoir la quantité de liquide amniotique nécessaire pour un développement pulmonaire satisfaisant. Et en Mais attends juste, parce que moi je connais-- j'avoue que je connais pas bien. Si c'est ton choix, toi, de parent, tu do-tu dois avoir l'accord-- t'as pas le droit si t'as pas l'accord de l'équipe non parce que c'est très encadré. Il faut qu'il y ait un risque avéré pour la santé de la mère ou de l'enfant OK. Ouais, ouais, ouais, Tu peux pas décider toi parent de dire : « Mais c'est trop compliqué, arrêtons ». Non, il faut Ouais, et attends, et maintenant que tu dis ça, je fais une micro parenthèse. Et moi, je me souviens dans une formation que j'ai faite, le DU en restauration de la fertilité, y avait, des équipes, qui étaient, qui, qui s'occupaient des IMG et ils expliquaient qu'en fait, tu pouvais avoir la validation, par exemple pour un enfant à qui il manque un doigt. et, si, si les parents justifiaient que, bah, ce serait compliqué, dans sa vie avec ce doigt en moins, tu pouvais avoir une IMG jusqu'à la fin de la grossesse. Donc moi, ça m'avait un peu, interpellée.
Je m'étais dit :« Ah ouais, enfin, les raisons, tu vois, c'est assez subjectif.» Mais toi, dans ton cas, alors même que vous étiez dans cette situation,
hyper instable, on te disait :« Bah non, pour le moment, c'est-- les conditions sont pas remplies. Ouais. non, il faut vraiment qu'il y ait des, des, des, une très forte suspicion de, de maladie grave et incurable. Et incurable. Il y a vraiment, enfin, c'est un texte de loi, c'est, c'est la même, la même loi qui régit l'IVG et l'IMG et c'est très encadré.
Et, il nous disait :« Ben non, en fait, Enfin, pour le moment, il y a pas beaucoup de liquide, mais il y en a quand même un peu Donc on est espèce-- pareil que toi, Marine, une zone grise quoi.'fin. Et un beau mois de-- le 19 juillet, on arrive à Robert Debré parce que là, notre gynéco passe la main encore une fois à un plus gros hôpital. pareil, on avançait sérieusement dans la grossesse, on apprend que c'est un petit garçon. Et en fait, c'était horrible quoi.'fin, j'étais à quatre mois et demi, on pouvait pas se projeter, on était toujours dans le, dans le flou artistique. C'était, Enfin, c'était lunaire quoi. Et on arrive à Robert Debré pour voir-- parce que pareil, il voyait pas bien à l'échographie, donc potentiellement, il avait un problème de rachis. On voyait pas le rachis. En fait, tout ce qui pouvait être amené à corroborer le fait que c'était foutu, ben en fait, on essayait de prendre tous les indices. Et en fait, à l'écho, là, carrément, il y a plus du tout de liquide. Et moi, je commence à rentrer dans une période où en fait, je sens le liquide couler. Donc après le saignement intempestif, là, je sens les pertes de liquide, ben, c'est horrible une rupture de poche des eaux, de fin Ouais, ouais, ouais, ouais. T'es, t'es, t'es allongée dans ton lit et en fait, à un moment, tu fais un mouvement et là, c'est, t'as l'impression, ben clairement, de, d'uriner, hein. Donc moi, j'étais avec des protections de périodiques tous les jours, toutes les nuits, tout le temps. Et c'était horrible. Franchement horrible.
Et là, le médecin nous dit :« Ben écoutez, il y a vraiment plus de liquide, on vous propose l'IMG ». Et en fait, on ne s'y attendait pas. Un moment où en fait, on avait beau en avoir parlé plein de fois et tout, ce moment-là, on se fait : ok, là, c'est, c'est chaud. Franchement, là, c'est chaud. Nous, on nous-- là, c'est suffisamment grave pour qu'on nous
dise :« Ben en fait, ouais, c'est, vous pouvez arrêter si vous le souhaitez ». Donc et c'est marrant. Je sais pas si c'est marrant, mais, dans la petite histoire de notre couple, Marc, il est catholique pratiquant. Moi, je ne suis pas croyante. Et comme quoi, tout le monde a son petit a-, son petit mot à dire sur l'IMG, selon les croyances ou quoi. Mais de, de, d'emblée, Marc, ce qu'il a pensé dans sa tête à ce moment-là,
c'est :ah ouais, ouais, on va, on va, on va interrompre cet enfer. Et moi, tout de suite dans ma tête, ça a été : non, mais, les gars, Enfin, en fait, on a déjà parcouru l'enfer. On va pas s'arrêter maintenant, en fait. Ben là, vous n'avez pas compris, mais, moi, je suis déterminée maintenant.'fin, en fait, Lazare, il s'accroche, il grandit, on est sur une espèce d'errance médicale où personne ne sait. Moi, j'ai l'impression que mon fils, il s'accroche, il m'envoie des coups dans le ventre et, tu le sentais bouger. Tu disais qu'il était un peu recroquevillé sur lui-même, mais tu le sentais quand Ah ouais. Ben en fait, je le sentais beaucoup bouger parce que comme il n'y avait pas la membrane pour le protéger, en fait, c'est comme si t'avais pas de-- pas que t'étais-- exactement, c'était vraiment, je le sentais beaucoup. Et en fait, on a eu, beaucoup de, de temps compliqués après ça pour en parler tous les deux, pour comprendre les tenants, les aboutissants. Et ce qu'on a compris, nous, de notre équipe médicale, et c'est là où c'est quand même assez troublant de voir quand même que en France, on peut avoir des discours quand même assez, Enfin, dissonants dans des hôpitaux de pointe. nous, on fait des rendez-vous, des rendez-vous pour comprendre, mais c'est quoi le risque C'est quoi le pourcentage ? Et en fait, on a eu un médecin qui nous a dit : "Écoutez, juste, en fait, on n'en sait rien. On ne sait pas. vous pouvez, continuer votre grossesse bon an mal an. Et en fait, Lazare, enfin il ne s'appelait pas Lazare, mais, votre enfant, il peut naître et on peut être surpris de son état et ça peut aller. Comme, la rupture des membranes semble avérée, vous pouvez aussi avoir un accouchement prématuré et déclarer une infection", comme toi, Marine. Le fait de plus avoir de membrane, c'est la porte ouverte aux infections. Et les saignements, ça fait comme un espèce de, de nid à bac-- Enfin favorisant le développement des bactéries. Donc, tu sais que t'es à risque. Ouais Et il peut aussi se passer un accouchement prématuré. Votre-- en fait, votre enfant, il peut vivre avec des séquelles, il peut vivre avec des handicaps ou il peut mourir. En fait, on avait un champ des possibles, du blanc au noir, en passant par le gris foncé, le gris clair.
Et en fait, c'est :faites votre choix sur un, un, voilà, un champ des possibles, mais, mais impossible.'fin que, Enfin.
Et nous, on était là :mais en fait, comment on peut choisir ? Comment on peut faire Et est-ce que t'aurais préféré comme Marine qu'on prenne un peu le lead en disant-- parce que Marine, toi, ils ont presque pris la décision pour vous, j'exagère un peu, mais avec ce 90 %, c'était, beaucoup plus noir que blanc. toi, t'aurais aimé qu'on soit un peu plus comme ça Avec le recul, non, parce que je suis ra-ravie, le mot est un peu bizarre, mais je suis ravie du dénouement qu'on a eu. Et je suis ravie d'avoir donné la chance à Lazare et qui me permet d'être en paix aujourd'hui avec d'autres souffrances, bien évidemment. C'était le choix qui peut-être nous correspondait le mieux pour nous, pour un premier, sans, sans, sans référence de prématurité, sans-- et avec le, le recul, on se dit aussi qu'on a été un peu, peut-être inconscients parce que Lazare, l'histoire a fait que, il est, il est né, il est, il a vécu, il est décédé, mais Voilà, j'étais prête à prendre ce risque en fait.
Voilà, je me suis dit :moi s'il vit et qu'il vit bien tant mieux, s'il décède, je sais que j'aurais tout tenté. La zone qui me faisait le plus peur, c'était d'avoir, de prendre le risque que je lui inflige une vie invivable. Et donc on a pris beaucoup le temps de la réflexion et moi, ce qui m'a marquée, c'est vraiment le, le médecin à un moment qui me dit : parfois, on a des surprises, des bonnes surprises. Et en fait, ce truc-là, je me suis dit : en fait, je crois que je n'arriverai pas à vivre avec le, le doute que ça aurait pu bien se passer. Je, j'envisageais pas de vivre avec cette petite voix qui me dit : ah, mais merde, peut-être que… voilà. Et du coup, à un moment, j'ai dit à Marc-- surtout, Enfin, en fait, ce qui s'est passé, c'est qu'on parlait-- à un moment, si, j'ai voulu faire l'IMG, c'était trop compliqué, je ressaignais, je perdais du liquide, c'était horrible, franchement. Un calvaire, un calvaire hein. J'étais prisonnière de mon corps et c'était horrible. Et, et à un moment, on parlait quand même de, de, de, bah des modalités d'enterrement de Lazare. Et avec nos différences de culture et de religion, ben c'était dur parce que moi, je voulais pas le voir, je voulais pas faire d'enterrement et lui, oui. On était dans le lit et on pleurait, on pleurait. On parlait vraiment de son enterrement quoi.'Fin, et à un moment, je sens un énorme coup dans le ventre
et je me suis dit :waouh, Le gars est pas d'accord. vraisemblablement, il avait pas… voilà, je, je, je l'ai interprété comme ça. J'ai, j'ai, j'étais vraiment brusquée dans mon raisonnement.
Je me suis dit :mais en fait, je suis en train de l'enterrer, il est en train de vivre dans mon ventre et je suis en train de parler de son enterrement. Et en fait, je me suis dit juste : en fait, tout le monde erre, les médecins ne savent pas. Per-per-en fait, personne ne sait.
Donc je me suis dit :bah écoute, il y en a un qui a l'air déterminé dans cette histoire, c'est Lazare. Eh ben, c'est le capitaine de notre navire, on va le suivre, on va, on va y aller. On va y aller. Et on approchait des vingt-quatre semaines, un moment où effectivement, bah, ton bébé devient viable et où là, les médecins sont un petit peu moins à l'aise à autoriser l'IMG parce qu'en fait, la réanimation devient possible. Donc je suis hospitalisée à l'hôpital et là, j'étais, je te dis pas rayonnante, mais portée par un espoir, mais, mais j'étais, mais les échos étaient bonnes, Lazare se développait bien. Oui, je saignais, je perdais du liquide, mais j'étais un peu comme : les gars, vous inquiétez pas, ça va le faire quoi. Et portée par un optimisme. Et puis bah, un beau matin de septembre, le 2 septembre, Laurène, cette Ouais, le jour de mon anniversaire, je sais. je, j'ai des contractions, je saigne. Mais tu vois, j-j'étais dans un déni, mais, mais fou quoi. Et j'avais de la fièvre et franchement, je, je, je comprenais pas ce qui se passait. Et en fait, j'ai déclaré, ben une infection. il faisait très chaud, je saignais. Donc voilà, les bactéries se sont développées et ça commençait à partir un peu en cacahuète. Donc c'est une chorioamniotite. C'est une infection en fait, qui remonte par le vagin dans, l'utérus et qui contamine, mère et enfant. Donc moi, je commençais à avoir une infection assez sévère. les contractions se développent parce que du coup, le corps comprend qu'il y a un corps étranger et que le bébé est en danger, donc il te déclenche l'accouchement. Donc on a essayé de me faire une voie basse et en fait, c'était un calvaire. Et du coup, comme j'ai vécu un deuxième accouchement, je sais à quel point j'ai souffert la première fois. Parce que quand tu as des contractions sans membrane, c'est un, c'est un enfer. J'ai, j'ai souffert comme j'ai jamais souffert. et en fait, au moment où y a un r-- un abaissement du rythme cardiaque qui devenait très préoccupant, et donc en fait, j'étais à vingt-sept semaines et trois jours, donc dans le stade de l'extrême prématurité. On était à quelques jours de passer le stade de grande, parce que c'est à vingt-huit que tu passes un cap, mais je l'ai pas passé. Et, ils nous ont passé, au bloc, pour une césarienne d'urgence. Lazare est né en fin de matinée, donc ça a été d'une violence inouïe parce que vraiment, la veille au soir, tout allait encore bien, malgré le contexte très compliqué, malgré le fait que je savais que tout était compliqué. Il est né à onze heures et demie et tout de suite, ben c'est Marc qui a pu le voir. Moi, j'étais, derrière le champ opératoire. J'ai pu le voir très rapidement, mais je voyais quasiment rien. et, il a été transporté tout de suite en néonat. Et après, ben on a vécu, cinq jours avec lui en néonat, où, des hauts, des bas, ça va plutôt pas trop mal, ça va pas bien du tout. le gros sujet, c'était sa respiration, ses poumons, qui étaient effectivement très atteints, très immatures pas autonome du tout. Et en fait, juste avant d'avoir été hospitalisé, ils m'avaient quand même fait les injections de corticoïdes, tu sais, pour maturer les poumons quand tu sais que tu peux avoir un accouchement. Mais ça a pas suffi. Il avait les poumons très malades. même ses membres étaient atteints par le fait qu'il s'est développé quasiment tout le long de la grossesse sans membrane, sans liquide. C'est là que tu vois que le liquide amniotique permet de développer le, le corps entier du bébé. Il avait les petits pieds tout, tout déformés parce qu'en fait, il était coincé quoi.'Fin, en fait, il y avait pas de liquide, il était coincé. C'était dur. Franchement, c'était cinq jours, C'est indescriptible en fait.'Fin, c'est à la fois si beau et si dur. Et au bout du cinquième jour, ils nous ont dit qu'il y avait, une grave hémorragie au niveau de son cerveau. Trop grave en fait, pour qu'il vive correctement. Et ils nous ont proposé du coup de le passer en soins palliatifs. Mmm-mmh donc là, c'est l'arrêt des soins. nos familles sont venues le mercredi, pour, ben lui dire bonjour et lui dire au revoir. Non, ils sont revenus le jeudi pour lui dire au revoir parce que le jeudi, c'est le jour où il est décédé. C'est le jour où on savait que il allait mourir. Et en fait, on a passé la dernière nuit, donc la nuit du mercredi au jeudi, tous les deux avec Marc, à côté de sa petite couveuse. Et j'crois que c'est le moment, où tu, tu, tu regardes ton téléphone en
pleine nuit, tu, tu te dis :« En fait, demain, mon, mon enfant, il va mourir Ça fait quelques jours qu'il est, qu'il est né. Moi, j'étais endolorie de ma césarienne, mais j'ai envie de te dire, c'était un peu le cadet de mes soucis, mais… 'Fin, en fait, c'est, c'est un truc de, de, de malade quoi.'Fin, en fait, j'étais quelques jours auparavant enceinte dans un service de gynéco, et là, t'es en néonat et, tu sais que ton enfant, va mourir. Et, tous mes espoirs avaient été balayés quoi. T'sais, je me suis sentie après coup super bête.
J'me suis dit :« Mais t'es vraiment bête d'y avoir cru ». 'Fin, franchement, évidemment que c'était compliqué quoi. Et, mais c'était malgré tout magnifique. Et on a fait-- Enfin, on a eu des moments Magnifique. Auprès de lui, on a pu lui faire des peau à peau, l'embrasser, lui dire des choses, lui raconter plein de trucs. Et en fait, on a passé la dernière heure, parce qu'en fait, on s-- nos familles sont revenues le jeudi pour lui dire au revoir de manière certaine. On est allés leur dire au revoir en bas et en remontant, on voit que Lazare, sa tête a changé quoi. Et en fait, les médecins comprenaient pas bien. Ils essayaient de changer les paramètres de ventilation, ils comprenaient pas. Et en fait, nous, avec Marc, on avait très bien compris. Il était en train de partir seul. Donc il était en train de, de peu à peu décéder. un, ouais un-- et en fait, ils nous ont, ils l'ont débranché, enfin débranché, ils ont enlevé tous les tuyaux, tout ce qui pouvait atteindre. Et en fait, pour la première fois, on le voyait sans tuyau, sans, sans truc qui bouchait un peu la, la vision, parce que c'est quand même des petits bébés. Il est né, il faisait huit cent quatre-vingt-dix grammes, donc c'est vraiment tout petit. Et ils nous l'ont posé dans les bras. Donc il avait son cathéter qui permettait de le sédater à fond. et on voyait qu'il était apaisé parce que pour rejoindre un peu ce que tu disais Marine, sur l'immense culpabilité que c'est de, de savoir que c'est toi qui vas, éteindre la vie de ton enfant. Moi, dans le non-choix d'IMG, ce qui me fait encore souffrir, c'est d'avoir vu Lazare souffrir. Parce que j'ai demandé au médecin, le jeudi matin, donc le matin du jour où il est décédé, je voyais vraiment son petit visage se crisper et il fronçait les sourcils et, et j'ai dit : « Mais, mais il souffre
Et ils m'ont dit :« Ben malheureusement, l'hémorragie cérébrale, oui, on le sait, ça fait souffrir ». Et ça, c'est tout ce que je ne voulais pas. ça, ça m'a retournée.
Et j'ai dit :« Mais, mais faites quelque chose, en fait. Faites quelque chose, je, je-- c'est insoutenable ». Et ils ont installé une petite machine à côté de lui, un détecteur de souffrance, un peu, tu vois, avec des pics où tu vois … Et en fait, il y avait beaucoup de pics, ouais. Ouais. ouais, des pics de souffrance. Et donc en fait, ils ont-- mais malheureusement, en fait, il était sédaté depuis sa naissance, donc en fait, il commençait à devenir un peu avec une accoutumance à la, à la morphine, tu vois. Donc, ils changeaient un peu les, les espèces de drogues pour le sédater, mais à la fin, c'était moins efficace et ils ont réussi quand même à l'apaiser. Et sa dernière heure avec lui, bah, ça a été aussi beau que douloureux et et il s'est éteint une heure après dans nos bras. et voir ce petit corps se transformer, c'est C'est avec le recul parfois encore un peu irréel quoi.
On se dit :« Mais on a vraiment vécu ça Ouais on l'a habillé avec ce qu'on pouvait. ça, ça a été douloureux aussi de pas trouver de petits vêtements à la, à la taille de ces tout petits petits bébés. taille un peu de poupée, tu vois, mais mais voilà. et là, ça a été long. On a attendu, la chambre mortuaire, mais ils étaient pas dispo tout de suite. Donc en fait, on était dans la chambre avec Lazare qui était mort. Ouais, c'était une attente, douloureuse, douloureuse. C'était, Mais vous étiez que tous les trois tous les trois. Il y avait des infirmières qui passaient de temps en temps, les médecins. Pendant la dernière heure de vie, les médecins sont passés régulièrement pour voir, parce que parfois, on avait l'impression qu'il était décédé. En fait, il restait encore un petit battement cardiaque. un moment, le médecin est venu constater son, son décès et il avait les yeux
pleins de larmes et nous a dit :« À titre très personnel, je voulais vous dire à quel point vous avez été des parents extraordinaires pour Lazare.» Et pfff, Enfin, Ouais c'est ces mots-là qui marquent énormément et et on s'est senti, un peu apaisé dans notre peine de se dire : « Waouh, on, on a pu quand même lui offrir une petite vie et une fin de vie avec tout l'amour qu'on pouvait lui donner », en fait. Et Ouais, vous avez fait famille tous les trois . Ouais, mm-mm et encore aujourd'hui, parfois on me demande : « Mais est-ce que tu t'es considérée comme maman Et en fait, peut-être pas tellement jusqu'au moment où, au, au niveau du sas dans lequel tu rentres pour aller en néonat, t'avais un interphone. les-- la première fois que je suis montée, voir Lazare, c'était, juste après ma césarienne et tout. C'est pas à ce moment-là. C'était le lendemain, vers quatre heures du matin, j'arrivais plus à dormir, je voulais absolument le voir et tout. Je savais pas s'il avait passé une bonne première nuit. Et à l'interphone, en fait, j'avais même pas réfléchi avant, mais j-j-je me suis pas décliné mon identité.
Genre, j'ai pas dit :« C'est Éléonore» parce que personne me connaissait sous le nom d'Éléonore, tu vois. Ce qui était-- qui était connu là, c'était Lazare.
Donc en fait, j'ai dit :« Je suis la maman de Lazare » pour qu'on m'ouvre. Et en fait, c'est à ce moment-là, je me suis dit : « Waouh, ouais, je suis vraiment sa maman, quoi ». Et ça a tout transformé. C'est-- Ça m'a vraiment permis de me sentir maman. Bah, je suis vraiment la maman de Lazare. Et, et après, on est rentrés chez nous vers vingt-deux heures après avoir accompagné ce petit corps à la chambre mortuaire et, et on a remballé nos affaires de, de ma chambre de gynéco parce que j'étais pas encore rentrée à la maison. Et je suis rentrée à la maison parce que-- et ça faisait deux semaines, ouais, que j'étais pas rentrée à la maison. Et, et le lendemain matin, ça restera un truc, je, je crois que c'est un coup de poignard dans le ventre. Tu te réveilles après une nuit où tu as été tabassée de fatigue et tu te
fais :« Waouh, en fait, je suis à la maison, j'ai accouché et il est plus là Et en fait, on, on est, ça y est, c'est le, le démarrage d'une nouvelle vie. Après l'épreuve de la grossesse, après l'épreuve du décès, c'est toute la vie d'après qui commence et toute cette immense vie, cette immense souffrance, cette immense, ce, cette, ce chemin de deuil qui commence et qui est--'fin, t'en sais rien à ce moment-là. T'en sais rien du tout. Tu sais juste que t'es tabassée d'une, d'une violence dans le cœur, mais que tu ressens physiquement. Un truc qui te… T'as une balafre sur le ventre, tu te dis : « J'ai accouché et il est, il est plus là », quoi. Et t'as un corps en post-partum. comment vous avez géré ça toutes les deux ? Ce-- comment on bloque la montée de lait ? Comment on gère ce, ce, ce truc de, de, d'être une m-maman qui vient d'accoucher et de pas avoir de bébé à, à, à nourrir, à accompagner, etc. Ouais, bah ça fait partie des choses les plus difficiles, je pense, mais je sais pas comment toi, tu l'avais vécu, Eléonore. Moi, j'avais un peu fait un déni, je pense, parce que sur la montée de lait, on m'avait donné à l'hôpital des médicaments tout de suite pour l'arrêter. Je sais que normalement, on n'a pas le droit de les donner quand tu accouches d'un bébé qui naît. C'est interdit médicalement parce qu'on pense toujours que l'allaitement, c'est la meilleure chose.
Et là, il m'avait dit :« Non, mais vous avez déjà vécu tellement de souffrance, on va pas en plus vous faire galérer avec une montée de lait, ça serait inhumain ». Et je me souviens, je leur avais dit : « Ouais, en vrai, merci de considérer ça aussi Donc la montée de lait, je l'avais pas eue, je me souviens. Mais par contre, après, pendant plusieurs jours, tu saignes.'Fin ouais, t'es vraiment en post-partum. Mais je me souviens que moi, un truc qui avait été dur, c'est que c'était peut-être pareil pour toi, Eléonore En fait, quand tu perds la poche des eaux, quand t'as une rupture prématurée des membranes, tu perds beaucoup de liquide, on m'avait l'expliqué. Et du coup, de facto, ton ventre est déjà plus petit. Et moi, quand j'avais perdu Nino, Enfin quand j'avais accouché de Nino, comme disait Éléonore c'est des tout petits gabarits. Il faisait 800 grammes aussi, Nino. Et en fait, du coup, ton ventre, je trouve, Enfin en tout cas, moi, mon ventre avait repris sa, sa forme initiale très vite. Et c'était super douloureux parce que quelqu'un qui me voyait dans la rue savait pas que j'avais accouché la veille quoi. C'est exactement ce que dit . Genre un jour, t'as ton bébé, t'as ton gros ventre,'fin ton gros ventre sans la poche des eaux, mais t'as quand même du ventre quoi. Et le lendemain, tu sors et en fait, ça se voit pas physiquement. On si rien s'était passé quoi eu un bébé. On voit même pas que t'es en deuil parce que, parce que les gens l'ont pas connu. Et c'est super dur à vivre, je trouve. Et moi, y a un truc qui avait été difficile aussi, c'est que mes règles étaient revenues un mois pile après avoir perdu Nino. Et j'en avais tellement voulu à mon corps.
J'avais dit :« Mais c'est pas possible que mes cycles se remettent en place aussi vite ». J'avais eu l'impression qu'en fait mon corps avait effacé ça en mode : « Ok bah, c'était une erreur de parcours, t'as accouché d'un bébé, mais hop, t'inquiète pas, je reprends le dessus, tout refonctionne ». Et un mois après, j'avais mes règles et ça m'avait mis en colère.'Fin, je sais pas comment tu l'avais vécu, , mais c'est dur ben moi en fait j'ai tiré mon lait en néonat parce que comme ils ne savaient pas prédire s'il allait vivre ou mourir, c'était un peu au jour le jour et en fait en néonat, ils t'incitent énormément à tirer ton lait qui peut être donné par sonde pour le nourrir parce que c'est vital pour eux. Donc je tirais mon lait, malgré la souffrance de sa vie en néonat, malgré la cicatrice de césarienne, malgré la fatigue extrême, je tirais mon lait un petit peu. Et en fait, j'avais aussi beaucoup de piqûres de Lovenox parce que j'avais un œdème énorme et j'avais eu des antibiotiques de cheval parce que à cause de l'infection. et en fait au moment de partir, limite, ils voulaient me donner encore des piqûres à faire et franchement, ils ont vu ma tête, ils m'ont dit
:OK, on va pas vous embêter avec ça. et en Et on laisse votre corps ouais et en fait, j'ai pas trop de souvenirs de montée de lait en fait. J'ai l'impression que ça s'est assez, enfin ça s'est tari assez vite. Évidemment, j'ai saigné, mais très vite après le, le décès de Lazare, il y a eu son enterrement et après, on est partis en Grèce avec Marc pour changer d'air. Et en fait, je saignais un peu là-bas, mais si tu veux, j'étais dans un autre contexte. J'étais-- moi, ce qui a été douloureux, par contre, c'était de, de masser ma cicatrice parce qu'ils m'ont dit,: Ben en fait, pour donner des chances à votre corps de bien guérir, il faut masser votre cicatrice. Mais en fait, mais j'ai, j'ai, j'ai la double peine quoi. Enfin, je, je, je me tape un corps à, avec une cicatrice et, et pourquoi ? Et en plus pareil, très vite, on m'a dit: Ben en fait, vous n'avez pas le droit. Enfin voilà, c'est, c'est interdiction de retomber enceinte avant un an. Donc en fait cette cicatrice, c'était ouais, c'était pour moi la double peine. C'était genre, ça m'a pas permis d'avoir mon bébé vivant dans mes bras et en plus ça m'interdit une nouvelle grossesse. Et c'est contraignant parce que ben c'est quand même plein de couches de, de, de, de tissus qui ont été endommagés. Il faut l'entretenir pendant des mois et des mois, la masser dans tous les sens, le matin, le soir pour éviter les adhérences, pour optimiser la récupération etc. Mais ah, mais rien n'est simple quoi. Enfin et c'était, Ouais, ça te ramenait toujours à Lazare. Toujours. Toujours. Ouais, ouais, ouais Et aujourd'hui, je suis assez heureuse d'avoir cette cicatrice parce que tu vois, il y en a qui se font tatouer leur, le prénom de leur enfant, qui ont besoin d'une espèce d'em-, d'empreinte charnelle. Et moi, je la regarde de temps en temps et je me dis : Ben, c'est mon Lazare. Voilà, c'est, c'est là où il est passé et elle m'a fait du mal cette cicatrice, mais aujourd'hui, je, je l'aime bien Ouais, elle fait partie de toi, ton corps et de ton Ouais, ouais Avant de raconter, justement parce que je pense que c'est pas très longtemps après que vous vous êtes rencontrés, peut-être juste quand même les obsèques de vos petits garçons, parce que c'est quelque chose qui est, je pense, très tabou, d'enterrer un bébé. Que-- comment ça se passe ? Qui vient? Que, que, que, qu'est-ce qu'on fait ? Que Je pense que c'est très propre à chacun. Chacun fait comme il veut, mais je me souviens que nous, quand on a perdu Nino, j'avais vraiment envie que ce soit quelque chose de très intime. J'avais presque pas forcément envie qu'on ait de cérémonie. On a aussi le même modèle qu'Éléonore et Marc, mon conjoint est croyant, catholique et moi un petit peu moins. et je me souviens, je, j'avais vraiment envie d'un truc où vraiment limite nous trois, tu vois, mon mari Clément, notre fils Paolo pour enterrer Nino. Et en fait, mon conjoint, il était pas-- il était plus en mode : « Ah non, mais en fait, il faut qu'on célèbre Nino. En fait, il a, il a été là, il a fait partie de nos vies, il va faire partie de notre vie. Il sera pas là physiquement, mais il sera toujours dans notre vie, dans, en pensée. Donc il faut vraiment qu'on le célèbre et qu'on lui fasse un enterrement à, à la hauteur de sa vie quoi ». Et c'était un peu particulier parce que comme tu dis, c'est tabou en fait. Et moi, je me sentais un peu mal de prévenir nos proches, nos amis, de leur
dire :« Bah, venez enterrer notre fils Il y avait toujours aussi cette question de la légitimité. Finalement, tu vois, j'avais accouché à six mois, y avait beaucoup de gens qui étaient pas particulièrement au courant que tout s'était emballé si vite.
Donc, je me disais :« C'est bizarre, là, je vais leur apprendre ma grossesse et je vais leur apprendre que j'ai perdu mon bébé en même temps et je vais les inviter à des funérailles C'est beaucoup, tu vois. Ouais, ça fait beaucoup C'est, c'est dur. Et en fait, finalement, on a quand même fait un petit enterrement et c'était très chouette. Nous, on avait invité nos familles les plus proches, donc nos parents, nos frères, nos sœurs. y avait aussi, quelques oncles et tantes. Les meilleurs amis de ma mère, par exemple, sont venus. Tu vois, ça m'a touchée. Sa petite bande de toujours, ils étaient là. On avait quelques amis très proches aussi qui ont fait le déplacement, qui sont venus de toute la France, tu vois, et ça nous a vachement touchés. Et on avait fait une petite cérémonie, du coup, nous, religieuse, c'était dans une petite chapelle et c'était, voilà, un accompagnement pour lui dire au revoir. Franchement, c'est rude. Enfin, tu vois le moment où je, je vois toujours cette situ-- le petit cercueil, parce que c'est des cercueils pour bébés, tu vois, tout petits qui sort de l'église. Et y avait notre Paolo qui avait genre deux ans, tu vois, à l'époque, qui marchait derrière qui-- je sais pas trop ce qu'il en comprenait, tu vois. Mais au Mais il il était là, bien sûr, c'était évident qu'il fallait qu'il soit là, tout comme nos familles, c'était évident qu'elles soient là. Et et après, c'est marrant parce qu'après, on a fait un petit rassemblement dans le jardin de ma maman et en fait, la pression est un peu redescendue, tu
vois, genre on a fait genre :« Ouf, OK Là, on a fait une grossesse, on a perdu notre enfant, on a aimé notre enfant, on a câliné notre enfant, on l'a pris dans nos bras, on l'a enterré. Et là, maintenant, on célèbre avec nos proches. La pression est un peu redescendue. C'était finalement un assez beau moment. C'était, c'est un moment d'amitié fort aussi. Tu vois qui vient, qui ne vient pas. Et en fait, mes amis étaient tous présents quoi, c'était, c'était fort, ils avaient tous une attention. Je me rappelle d'une amie qui m'a offert trois petits foulards, tu vois, en
me disant :« Il y en a un pour toi, un pour Paolo et un pour Nino ». Tu vois, je trouvais ça hyper beau. Enfin, on a eu des-- ouais, j'ai d'autres amies qui m'ont offert-- j'ai un pendentif avec le prénom de, de Paolo. Elles m'ont tout de suite offert un prénom et un pendentif avec le prénom
de Nino en me disant :« Voilà, tu le garderas aussi », tu vois. Et c'est des choses fortes quoi. Et Ça, c'est quelque chose qui est important que les gens nomment ton bébé et justement, sois pas hyper important. En fait, les gens sont souvent très gênés parce qu'ils veulent pas cultiver ce truc de-- ils ont peur de réactiver des souffrances alors qu'en fait, la souffrance ultime, c'est de pas le nommer et c'est de l'effacer et de le faire disparaître ton enfant. Bien sûr qu'il faut le nommer et, et prendre des nouvelles de comment tu vas, comment ça va, comment va ton manque par rapport à ton enfant qui n'est plus là. Mais peut-être, Éléonore, je peux te laisser rebondir aussi sur le, l'anciennement, parce que je sais que vous avez fait un truc super chouette pour, pour les autres Ouais. Bah nous, moi, ouais, de prime abord, je voulais absolument pas … Enfin, ça me faisait, en fait, moi, ça me faisait peur. Tout ce qui est enterrement, ça me fait peur. Je déteste la mort, j'avais peur de la mort. Et c'est comme si le décès de Lazare m'avait apaisée sur tout ça. Et quand il est mort, j'étais là : « Mais, mais bien sûr, en fait, il faut qu'il y ait du monde. j'ai envie d'avoir du monde autour de moi ». et en fait, c'est, c'est-- il était pas dans une dimension où je voulais tout cacher, tout garder, tout-- je voulais au contraire que sa, que que que que sa vie … Bah en fait, déjà, j'avais, j'avais envie qu'on qu'on le nomme, qu'on le voit, que que-- matérialiser sa vie. Parce que c'est vrai que c'est dur aussi pour l'entourage. Nous, c'est un peu différent parce que nos, nos familles ont pu le voir quand même en néonat. Mais pour des amis, pour la famille un petit peu plus éloignée, ils n'ont aucune existence matérielle. Et en fait, l'enterrement et ce petit cercueil blanc aussi dur soit-- Enfin, c'est, c'est, c'est abominable à voir, franchement. c'est, c'est pas la place d'un enfant d'être dans un petit cercueil. et ben en fait, je crois que ça a aussi fait du bien aux gens de, d'être avec nous, de pouvoir nous soutenir. Et nous, il y avait nos amis proches, nos familles. et en fait, c'est le prêtre qui nous a préparé au mariage, qui a préparé toute la cérémonie d'ensevellement, dans cette très belle église aussi dans laquelle on a préparé notre mariage. Et c'était un peu un, un beau, beau symbole, d'être de nouveau là,
là où on s'est dit :« Waouh, il y a un an et demi, on se préparait au plus beau jour de notre vie ». Et qu'est-ce qu'on aurait pu imaginer que on en serait là. Mmm-mmh c'était une très belle cérémonie. On a eu des mots extrêmement touchants. On a nous aussi écrit un petit mot pour Lazare. ça a touché beaucoup de monde. Et avec Marc, on a soulevé,'fin porté le cercueil tout le long de l'allée, à l'allée et au retour. On a voulu … Alors, j'imagine qu'avec le recul pour ceux qui étaient dans le, sur les bancs, ça devait être quelque chose de Ouais, parce que moi en t'écoutant, je suis recouverte de frissons là. Donc j'imagine les gens, Mais tu sais, en fait, je crois qu'on est, on est aussi dans, je sais pas toi Marine, mais on est dans un autre monde, mais dans un autre monde. Et en fait, c'est, c'est paradoxalement, parfois maintenant où je me
dis :c'est pas possible en fait. Comment j'ai pu, porter le cercueil de mon fils ? Comment j'ai pu, ne pas m'effondrer Et en fait, t'es porté par l'amour que t'as porté à cet enfant. T'es porté par tout ce qu'il a pu aussi t'apporter. T'es porté par l'amour que tu portes à ton conjoint parce que on en parlera aussi peut-être un peu, mais ça fait--, enfin nous, on a été comme ça. Et on était dans un degré de, de, de fusion qui était, mais, mais transcendant quoi. Enfin, on était transcendés. Et, et ça nous a permis de passer ces moments vraiment durs, mais dans une forme un peu de, de joie de célébrer Lazare, de se dire voilà, on a, on est remplis de son amour, on est remplis, mais remplis, remplis. Et après, on a été l'enterrer au cimetière qui est pas très loin de chez nous. Alors encore une fois, parfois quand tu vas au cimetière et que t'es dans le carré enfants, que t'as que des mini tombes, tu te dis : mais qu'est-ce que je fous là ? Mais qu'est-ce que je fous là ? Tu sais, parfois entre midi et deux avec Marc, on se retrouve sur une pause dej et on va fleurir la tombe de Lazare. Et ça te paraît lunaire.
Tu te dis :mais personne n'imagine ça, tu vois. T'as des gens qui font des pauses dej shopping, mais toi, tu vas fleurir la tombe de ton fils.
Et tu fais :mais personne ne l'imagine. Et c'est en ça aussi où on a aussi ce besoin tout le temps d'en parler parce que, parce qu'il y a la face visible de l'épreuve qu'on a vécue au moment où on l'a vécue, mais tout l'après, c'est encore un champ, mais de, de, de, de, de souffrance, de douleur, de, de-- la douleur, elle se ravive souvent. Et, et on a tout le temps besoin de, qu'on nous parle d'eux, qu'on, qu'on nous dise qu'on pense à eux, qu'on nous dise qu'on les aime, qu'on, qu'ils comptent, que voilà, en fait, on-- c'est, c'est, c'est trop important pour nous quoi. Ils ont compté, ils comptent, on les aime plus que tout, ils nous manquent tellement. Et cette souffrance, elle est pas juste au moment du décès quoi, elle s'est, elle s'apaise, mais elle se, parfois au détour d'un, d'une date, d'un souvenir, d'une odeur, d'un bip, tu vois, le bip, n'importe quel bip peut à un moment me faire sursauter parce que ça me rappelle la néonat'. Et tout ça, c'est que les gens qui l'ont vécu qui peuvent le comprendre. Et c'est en ça où l'amitié avec Marine, elle est, elle est, elle est incroyable parce qu'on parle le même langage quoi, vraiment. Bah justement, alors racontez-moi à quel moment vous vous rencontrez toutes les deux. Parce que donc là, on est sur des histoires parallèles depuis tout à l'heure, mais à un moment, vos chemins ils se croisent et vous vous rendez compte de toutes les similitudes que vous avez, dans vos parcours Je crois que c'est moi qui ai posté un message sur la communauté Émancipées pour, ben, je crois juste dire le dénouement parce que je crois qu'il y avait pas mal de personnes qui avaient suivi un peu mes rebondissements de j'ai fait une fausse couche en fait non, en fait oui, en fait non. Bon, c'était un peu rocambolesque et en fait j'avais écrit un petit post pour dire ben voilà, on a, on a connu Lazare et il est décédé et et, et c'est Marine qui a commenté mon post. On a échangé. Après, on a échangé en privé très rapidement. En fait, je crois que c'était dès septembre 2023. En fait. En fait Marine, ça faisait un mois à peine que Nino était décédé et moi ça faisait quelques jours, semaines. Et parce que je me rappelle, on était en Grèce, donc c'était le 19 septembre et on échangeait des pavés entiers sur le chat de ta communauté Émancipées politique ouais, ouais Ouais. Et après on a échangé ben par WhatsApp, mais par écrit. Et après on a eu une longue période. Je crois qu'on a échangé pas mal jusqu'en décembre 2023 et après il y a eu un long silence. je ne sais plus tellement à la faveur de quoi, mais tu sais, quand tu traverses un deuil, t'es pris de moments de, où t'as envie de parler, des moments où tu as envie d'être reclus, des moments de colère, des moments. Et en fait, il y a des moments, des longs moments où en fait, t'es satellisé par la peine, la, la fatigue intense d'un post-partum sans ton bébé. Et, et je-- C'est Marine qui a repris contact avec moi pour souhaiter un joyeux anniversaire à Lazare le 2 septembre 2024. Et sincèrement encore merci mille fois de ce message parce qu'il m'avait tellement émue et tellement touchée. Et là, à partir de cette date-là, on n'a pas arrêté de s'écrire tout le temps et les… on s'est envoyé des vocaux et en fait, on se parle, bah, je dirais pas quotidiennement, bien sûr que non, mais hyper fréquemment C'est juste pour refaire le lien avec le Fertility Club. Je me souviens que moi, après avoir perdu Nino, c'est à ce moment-là où
j'ai dit à mon conjoint :« J'aimerais qu'on s'inscrive au Fertility Club ». C'est là que le Fertility Club rentre dans nos vies.
Parce que j'étais en mode :« Si on refait une autre grossesse, je veux avoir confiance en mon corps et je veux prendre toutes les ressources possibles Et en fait, c'est là où je touchais un peu aux limites des connaissances que tu diffusais sur ton compte Insta et j'avais envie qu'on ait un truc un peu plus backup et plus solide. Et j'avais besoin de cet effet de communauté. Et là, tu imagines pas mon-- du coup, on s'inscrit en septembre. Ouais, c'est pas mon-- genre, je m'inscris et le premier truc que je vois, c'est genre le message d'Éléonore qui, clairement, elle raconte ma vie sur-- parce qu'elle avait fait le F-Fertility Club, juste la session d'avant eux. Et là, je vois, mais en fait, cette personne est en train de raconter ma vie, mon fils, mon accou-- Enfin pas mon accouchement, mais genre vraiment, c'était les mêmes choses, tu vois.
Je vois son message, je fais :« Mais c'est pas possible ». Et c'est--'fin, tu vois, à l'époque, on n'était pas tant que ça en plus, je pense. Et la probabilité qu'on ait exactement la même histoire, qu'on se croise sur cette même plateforme, c'était fou. C'était Ouais parce qu'autant te dire que Enfin, c'est, c'est quand même rarissime ce qui nous est arrivé. C'est vraiment un pourcentage de malchance, infime, mais vraiment infime. On a été vraiment du mauvais côté des stats, mais, mais c'est fou de se dire qu'on a été du mauvais côté ensemble. Mais pour te dire, moi, je suis tombée enceinte le 8 mars. Lazare, il était prévu le 8 décembre. Et Marine, si je dis pas de bêtises, toi, c'était le 15. Donc on avait une grossesse, mais quasiment au même terme quoi. Et Nino est, est né et décédé en août et Lazare, début septembre. Donc enfin pareil pour l'accouchement en fait, finalement, on a eu, des dates très similaires. Ouais, c'est- mhm. Et c'est vrai qu'y a vrai-- comme elle le dit hyper bien, Eléonore, y a eu un soutien. Y a vraiment ce côté où en fait quand tu viens d'œil périnatal, personne te comprend. C'est dur. Les gens peuvent essayer, tu vois, les gens parfois sont un peu maladroits, mais en fait, c'est vraiment un truc qu'il faut le vivre pour le comprendre. Et mon, mon conjoint, il me dit souvent: « En fait, tu te reconnais entre gens qui ont eu un deuil périnatal ». C'est marrant, c'est un truc, tu te reconnais aussi entre gens qui ont eu un bébé préma. Parce que souvent, tu, t'as, tu, tu rentres dans un club qui implique beaucoup de souffrance, des trucs beaux aussi, mais c'est vraiment un club hyper fermé où il faut l'avoir vu pour le comprendre. Et le faut les codes, périnatal, c'est encore plus particulier parce que c'est un sujet qui est hyper tabou sociétalement et les gens osent pas trop en parler. C'est vrai-- ça peut être une, entre guillemets, dans ton malheur, ça peut être une chance de tomber des gens, de tomber sur des gens qui l'ont vécu aussi. Parce que du coup, tu ouvres une petite, un petit espace où tu peux échanger beaucoup. Et je me souviens qu'avec Eléonore, on parlait de trucs, mais tu vois, des trucs qu'on parlait, on, on pouvait même pas le dire à nos mecs, on pouvait pas le dire à nos psys, parce qu'on s'est aussi fait suivre par des psys de manière très régulière, c'est super important. Mais des fois, t'as besoin d'une autre, d'un autre message. T'as besoin, je sais pas, bah juste d'une mère qui parle à une mère. Et est-ce que c'est normal qu'il me manque autant ? Et est-ce que toi, tu ressens ça ? Est-ce que t'as cette culpabilité quand t'envisages la grossesse d'après ? Oui, non. Et toi, c'est quoi le souvenir qui te fait le plus mal Et toi, c'est toi le truc qui te fait le plus du bien ? Enfin. Et en fait, après, on parlait pas que de ça aussi hein, on parlait d'autres trucs. Genre on s'est rendu compte qu'on avait plein d'autres centres d'intérêt convergents sur d'autres sujets, tu vois. Et des fois, c'était cool et des fois, on s'envoyait plein de vocaux pour parler, j'sais pas, des dernières fringues qu'on s'était achetées ou de routine skincare, tu vois. Et c'est ça qui est assez cool aussi. Mais au final, on sait qu'on y revenait tout le temps, tu vois. Et c'est peut-être précieux. d'union à, à toutes les deux et il y a plein de choses qui sont construites autour Exactement trucs que tu pourras jamais évoquer avec même tes amis les plus proches, tu vois. Enfin, notamment un sujet qui est vraiment compliqué, tu vois, c'est les annonces de grossesse où ça te prend aux tripes, ça te prend le cœur. Et, et y a que quand tu vis un deuil périnatal ou franchement, même d'autres épreuves, hein, mais l'annonce-- enfin, quand toi, t'arrives pas à avoir un, un enfant ou… Mais voilà, mais enfin, c'est, c'est quand même un, un, des, des, des cases où cet, cet espèce de coup de poignard et, et ça, c'est-- ouais, c'est, c'est, c'est précieux de pouvoir en parler de manière Ouais, ça, vous pouviez décharger ça sur l'autre, entre guillemets, Complètement. Complètement. Ouais, ouais, des trucs pas très avouables, compliqués à dire et même à soi-même, tu vois. Enfin, des trucs où vraiment, tu t'es un peu toute seule avec toi-même. Et avec Marine, on sait qu'on sera pas jugées, on sait qu'on sera pas analysées. Même, tu vois, une psy peut être un peu parfois dans la psychanalyse où t'es
un peu, t'as envie de dire :« Non, la barbe, j'ai pas du tout envie de rentrer dans ce truc », tu vois. Juste, je suis en colère, je suis méga aigrie, je suis méga saoulée et en fait, personne ne pourra mieux t'entendre que quelqu'un qui le vit aussi, tu vois, de
dire :« Mais grave, je te comprends.» Et puis ça, voilà, c'est une écoute bienveillante et, et qui fait un bien, mais fou quoi. C'est, c'est très précieux Ouais. Ouais. Il y a beaucoup de, Enfin beaucoup. Il y a des cercles de paroles, des associations, etc., qui, qui réunissent les mamans endeuillées. Est-ce que vous, vous êtes restées en fait dans votre binôme toutes les deux ou vous avez ressenti le besoin d'aller aussi dans d'autres cercles ? Oui Nous, on aurait bien aimé le faire, mais comme on est rentrés en Italie après, ça existait pas. c'est hyper tabou socialement le deuil périnatal en Italie, donc ça n'existe pas. Moi, on m'a longtemps dit après : « De toute façon, t'as fait une fausse couche à six mois.
» J'étais là :« Ah non, j'ai accouché de mon bébé, j'ai enterré mon bébé. Je n'ai pas fait une fausse couche à six mois. Genre, vous pouvez pas dire ça », tu vois. Mais c'est pour te dire le niveau un peu de progressisme sur la question. Et ça existait pas. Et on aurait beaucoup aimé le faire, mais on n'a pas trouvé cette ressource-là. Et je pense que c'est aussi pour ça que les échanges avec Éléonore, ils étaient aussi précieux, quoi Ouais. participé, enfin avec Marc, on a participé à des cafés, rencontres avec une asso, SPAMA, qui se passait à la gare Saint-Lazare. C'était, Mmh. sympa, ça me rapprochait un peu de mon petit Laz. De votre Lazare. Ouais, on a fait quelques cafés rencontres, mais, comment le dire ? Ça m'a, ça, ça nous a fait du bien, mais c'était du one shot. Tu vois, c'était une heure où on parlait et puis après, on rentrait chez nous. Et en fait, avec Marine, c'était, on pouvait s'appeler, enfin, on pouvait s'envoyer des vocaux quand on voulait, on pouvait envoyer des pavés. Et puis on est très à l'aise à l'écrit avec Marine aussi. Donc au début, on a beaucoup échangé par écrit. on, on, on, ouais, on a beaucoup échangé comme ça. Les cafés rencontres, c'était, one shot et moi, ça me manquait de pas, tu vois, avoir, bah, ouais, d'avoir un peu plus de liens avec les gens. Et puis, je vais te dire, dans n'importe quelle amitié, enfin dans n'importe quel contexte, t'as des atomes crochus ou pas. Et avec Marine, ce qui est vraiment fou, c'est qu'au-delà d'avoir une, une histoire plus que semblable, c'est, c'est, c'est troublant de, de, d'être vraim-, enfin, on est vraiment jumelles de, d'histoire, jumelles de, d'âge, jumelles de plein de trucs, tu vois. Mais au, au-delà de ça, effectivement, on, on se, enfin, ça aurait pu être une copine dans la vie sans le deuil, tu vois. C'est ça, c'est ça qui est encore plus beau. C'est de… Je, je, j'en ai rencontré d'autres, des mamans endeuillées, tu vois, mais c'est comme tout dans la vie. Parfois, t'as, t'accroches, parfois moins. Et, et voilà. Là, l'histoire est trop belle parce qu'au-delà d'avoir, cette histoire en commun, on a aussi, plein d'autres trucs à partager. Et, c'est ça qui est Ouais. Et vos maris, conjoints, là au milieu, est-ce que déjà, comment eux, ils ont géré ? Est-ce que vous les avez connectés, eux aussi ? Ou est-ce que c'est votre histoire à vous de maman et eux, ils interviennent pas Ouais, on les a pas vraiment connectés. Alors je sais que Marc, le mari d'Éléonore, ils ont fait un truc--'fin bon, c'était un truc qu'on avait trouvé très chouette avec Clément quand Laz est parti. Ils ont tous les deux ouvert un compte Instagram un peu dédié à Laz. Donc Éléonore, c'était plus des textes et Marc, c'était plutôt des photos. Et c'est même là que l'histoire est quand même assez dingue parce que mon mec à moi, il est hyper fan de photos aussi. Et quand il-- je sais que des fois, il regardait un peu les posts que Marc faisait et du coup, les posts photos et Clément me disait : « Ah, c'est ouf ! J'me sens hyper proche de lui, même si je le connais pas. Et après, je pense que sur les mecs, t'as un côté aussi où, comme d'hab, c'est plus, Ça un peu plus compliqué de parler de leurs émotions. Alors, moi, j'ai un mec qui a un côté féminin qui est quand même assez exacerbé où il parle beaucoup. Ça, c'est un truc que j'adore chez lui. Du coup, on les a pas vraiment connectés, mais je pense que, j'sais pas, ça-- souvent, ça m'est arrivé, tu vois, d'avoir des échanges sur un point particulier avec Éléonore qui m'aidait grave à avancer. Par exemple, tu vois, j'sais pas, un nœud où j'arrivais pas à me décrocher. Moi, souvent, c'est des thèmes autour de la culpabilité, des choses comme ça. J'arrivais pas à avancer. Genre, je sentais que j'étais stuck. Et des fois, genre, j'en parlais à Éléonore et genre, elle me débloquait des trucs, tu vois.
Elle disait :« Bah genre, tu sais quoi, Clé On a eu cet échange-là et t'en penses quoi ? » et tout. Et du coup, j'sais pas, c'était une manière un peu de l'intégrer, de les intégrer un peu dans le truc, j'pense. J'ai l'impression, tu me diras, tu corrigeras Éléonore peut-être, mais j'ai l'impression qu'ils voient un peu la relation d'un œil bienveillant en mode ils savent qu'on se fait du bien et Elle fait du bien, ouais. Ils sont heureux que l'autre existe dans la vie de, de leur femme quoi. c'est un petit peu moqueur de temps en temps quand je pars à vos cafés. C'est Marine, j'imagine, vingt minutes, trente minutes Mais on les a connectés dans le sens ouais, ils sont forcément impliqués. c'est marrant parce que en t'écoutant Marine, je me suis dit à quel point effectivement, c'était, c'était encore une fois troublant, mais Marc est très très sensible et féminin. il verbalise beaucoup, avec lui dans le deuil, tu vois. Et je sais, il y a beaucoup de mecs qui fuient, qui veulent pas parler, qui sont très pudiques. Ça a pas du tout du tout été le cas avec Marc. Enfin, on parle énormément et c'est vrai qu'ils ont un côté tous les deux assez féminin. C'est, c'est assez marrant, mais dans le deuil, ça a été une ressource incroyable de pouvoir compter sur lui, de… Enfin voilà, c'est, je pense, c'est des, c'est des, c'est des mecs hyper attentionnés, hyper attentifs, hyper sensibles, des bouées de sauvetage, pour nous, je pense aussi, de pouvoir compter sur eux, de jamais, tu vois, d'avoir toujours été très libres, de, de verbaliser nos émotions, d'en parler. Et puis ben voilà, enfin, ils ont vécu de toute façon le deuil à leur, à leur manière. Et c'est pas beau-, enfin, c'est pas plus simple en fait. On a certes l'aspect corporel qui ajoute une difficulté supplémentaire, mais dans leur chair, ils ont été meurtris et, et le deuil est aussi hyper compliqué à faire de leur côté. C'est un chemin différent, mais c'est tout aussi compliqué. mais en y a peut-être encore moins de ressources pour le coup, ah ben, il y a encore un level de tabou en plus. Enfin clairement, moi, j'ai pu me nourrir de beaucoup de comptes Insta sur le sujet, de beaucoup de ressources, de beaucoup de, de tout ça. Et lui, il a eu beaucoup de mal, je sais, à trouver sa voie. Et en fait, via la photo, il a créé ce compte effectivement Insta, où il partage un peu sa passion pour la photo. Et c'est vrai que ça l'a beaucoup aidé à s'exprimer. il est moins à l'aise avec l'écriture, mais, ça, ça a aussi permis aussi, pas de décomplexer, mais de permettre qu'il en parle beaucoup plus à ses amis, qu'il soit plus proactif dans son deuil. ce qui lui manquait un peu. C'est venu un peu plus tard que moi, mais quand il a trouvé le moyen d'en parler, le moyen de s'exprimer sur le sujet, ça a été beaucoup plus facile aussi pour lui. Donc ça, c'était un, c'était chouette de le voir évoluer là-dessus aussi Donc ça, c'était l'année 2023. Depuis, il s'est passé plein de choses. Vous avez continué à vous suivre. Comment on relance la vie après ça? Comment on décide de, de réessayer d'avoir un bébé ? À quel moment ? Vous avez pas été totalement synchro pour le coup cette fois-là, mais quand même toujours en lien toutes les deux Oh, bah, nous, on avait très envie de se relancer sur un projet bébé après Nino. Le problème, c'est que moi, quand j'ai accouché de Nino, j'ai fait ce qu'on appelle une rétention placentaire. Donc un petit bout de mon placenta était resté à l'intérieur. Et du coup, j'aurais dû me refaire opérer trois mois après. J'ai dû faire plusieurs tests médicaux pour être sûre que le, les feux étaient verts. Et tu vois, on a perdu Nino au mois d'août et j'ai pas eu le feu vert avant fin janvier. Donc c'était cinq Mais t'avais pas un an d'attente, Non, ça, c'est pas moi, c'était Léonore parce qu'elle a fait une césarienne. Tu dois attendre que ta césarienne cicatrise. Ouais, toi, y j'avais accouché en voie basse, c'était bon, hormis ce problème de rétention placentaire qui nous a pris quelques mois. Et c'était hyper long. Et en fait, en même temps hyper paradoxal parce que moi, je culpabilisais un peu de vouloir me relancer vite. J'avais l'impression de peut-être oublier trop vite mon petit garçon. On était suivi par une psy, Isabelle, qui était une énorme pépite, genre la, notre phare dans la nuit, tu vois.
Elle nous disait souvent :« C'est bien d'attendre une durée d'un an plus ou moins.
» Enfin, nous elle disait :« Bien sûr, vous faites comme vous voulez, mais un an, c'est aussi le temps pour l'esprit de cicatriser le corps. Parfois, il lui faut un an. Quand il a une césa, bah le, le cerveau, il cicatrise pas en deux jours non plus. Donc, prenez votre temps.» Elle nous incitait à ralentir. De toute façon, on a eu ces cinq mois à pondérer, après on n'avait pas le choix. Et par contre, en janvier, donc tu vois, là, toute forte de mes connaissances du Fertility Club et tout, j'étais en mode: « Allez, go, là, c'est bon, on y va. Et, et pour Clément, c'est pareil.
Il était vraiment en mode :« On peut pas s'arrêter là. On peut pas laisser Paolo tout seul après avoir perdu Nino. Il faut vraiment-- je suis chaud qu'on agrandisse notre famille.» Là, c'est limite, c'est moi, c'est lui qui me poussait dessus. Et par contre, ça a pris un peu de temps, entre guillemets. Enfin, je dis avec des guillemets parce que je sais que c'est toujours un sujet sensible, mais en fait, je checkais, tu vois, mes cycles tous les mois. J'avais une glaire de ouf, donc je savais très bien quand c'était que j'ovulais. J'avais ces 48 heures, je savais que c'était le one shot. Et en fait, on tentait à ce moment-là, ça marchait pas. Et elles étaient dures, les règles qui suivaient. Genre vraiment, elles étaient dures parce que on l'attendait, ce petit bébé d'après, et ça prenait un peu de temps. Et peut-être que c'était des trucs qui étaient pas réglés psychologiquement aussi. On s'est fait des petits voyages. Je me souviens qu'on est partis tous les trois à Venise. On a rencontré, on a vu des amis à Venise. Il y avait une ambiance hyper chouette. Et là, on était en avril et en fait, je suis tombée enceinte en mai. Donc, tu vois, peut-être qu'il fallait le temps que des choses se débloquent aussi. Et, et là, je suis tombée enceinte. Grossesse un peu en apnée. Éléonore, elle pourra en parler plus aussi pour sa fille, mais grossesse en apnée Puis t'as vu un petit historique, Marine, quand même En fait, déjà j'étais en apnée les trois mois de faire une fa-une fausse couche.
Genre, je m'étais dit :« C'est quand même une probabilité ». Donc
j'étais en mode :« Ça n'existe pas avant trois mois ». Genre clairement. À l'époque, j'avais une gynéco qui était assez light, donc en Italie, j'avais changé de gynéco entre-temps.
Elle était en mode :« Détendez-vous la nouille », tu vois ? J'étais là : « Ouais, bah non ». Pas si facile à faire, tu vois? Mais en fait, j'ai changé de gynéco quand je s-quand je suis sortie des trois mois. Et là, j'ai une gynéco, elle s'appelait Serena, incroyable. Et vraiment, elle était avec moi.« OK, Marine, là, c'est bon, t'es sortie du premier trimestre, on va l'avoir ce bébé
Genre, elle me disait :« Tu viens toutes les semaines si tu veux, on fait des échos toutes les semaines, tous les 15 jours, ce qu'il faut pour que ça te rassure ». Elle m'avait donné plein de probiotiques aussi pour refaire un peu toute ma flore intestinale, vaginale, pour accompagner au mieux et tout. Tous les compléments alimentaires que je voulais, elle les, tu vois, elle me les notait, je les, je les avais.'fin, elle était vraiment en mode c'était un projet d'équipe, tu vois.
Elle était en mode :« OK, t'as perdu un bébé, tu vas pas perdre ce bébé avec moi », tu vois.
Et elle me disait presque :« C'est devenu mon bébé ». Genre : « Il faut qu'on aille sur la finish line, quoi ». Et après, cette grossesse-là, elle était un peu plus compliquée, moi, parce que j'ai ré-, j'ai réeu des problèmes d'infection. J'ai réeu un petit hématome, genre là, j'étais au bout de ma vie. Genre, j'étais à quatre je pense.
Et elle me dit :« Je vois un tout petit hématome ». Et là, vraiment, l'idée d'arrêter la grossesse m'a traversé l'esprit. Alors, j'aurais pas pu, parce que c'était tout petit et médicalement, ça le justifiait pas. Mais c'est pour te dire à quel point j'étais mal alors que je suis vraiment-- Enfin, c'est, c'était inconcevable, tu vois. On avait perdu un bébé, j'allais pas réarrêter une grossesse qui se passait à peu près bien, mais j'étais tellement en mode : « Je peux pas revivre ça » qu'à un moment, ça m'a traversé l'esprit. Heureusement, ça a duré genre une ou deux semaines et ça s'est résorbé très vite. Donc cool. Mais après, j'étais un peu- Et ça, il y a une prédisposition génétique, quelque chose ou ne sait. Y a, y a-- sur la littérature scientifique, c'est hyper vide les hématomes. Genre on te dit juste que t'es plus à risque si tu fumes, si tu bois de l'alcool, si t'as un enfant après 40 ans. Je cochais aucune case, tu vois. Donc, vraiment on n'a pas trop compris. Et après, j'avais ces soucis de petites infections régulières qui me stressaient un peu, qui stressaient ma gynéco beaucoup aussi, parce qu'elle
me disait :« En fait, t'as perdu Nino à cause d'une infection, donc on veut pas que le schéma se répète Donc elle me blindait d'antibios. C'était pas ouf en termes de-- en grossesse, mais elle me disait : « En fait, on veut que ce bébé d'où les probiotiques à mort quoi. c'était antibio, probiotique, genre j'étais shootée aux antibios, probiotiques. Et j'me souviens que la période qui a été hyper rude pour moi, c'était quand on arrivait dès 20 semaines. Et là, genre vraiment, Éléonore, c'était mon pilier de ouf. C'était mon, mon numéro un sur la ligne parce que en fait, ça me rappelait vachement Nino. C'était à peu près la même période parce que c'était l'été en Italie. Donc c'était le moment où on avait perdu Nino. Et vraiment, j'étais dans le mal.
J'étais dans-- en mode :« En fait, s'il naît maintenant, c'est trop tôt, il va mourir Parce qu'en plus en Italie, c'est pas la m-- c'est pas les 24 semaines, t'es à 26 semaines. Avant 26 semaines, on réanime pas ton bébé.
Donc j'étais là :« OK, j'suis à 20 semaines, j'suis loin des 26 », quoi. Et là après, on s'est rapprochés petit à petit, on passait les 24, c'était dur. On a passé les 26, puis les 27. Là, je rentrais dans d'autres problématiques en me disant : « OK, c'est bon, là, il est viable, on le réanime s'il naît. Mais par contre, c'est chaud, c'est de la prématurité extrême, j'suis pas prête ». Et chaque semaine égrenée était gagnée. Et vraiment, ce tronçon, j'pense, de 20 semaines à 32 semaines, genre vraiment, Éléonore, je l'ai bombardée de vocaux. J'pense que c'était la seule qui connaissait, qui comprenait en fait.
Elle me disait :« OK, Ouais. Alors qu'Éléonore, toi, t'étais pas encore enceinte, mais t'arrivais à être une ressource Ah ouais, bah je, je, je, je, j'étais tellement dans l'angoisse avant même d'avoir commencé le projet bébé que ouais, je, j'étais j'étais Parce que toi, t'étais de toute façon, t'étais sur pause, t'avais pas le choix. Donc tu coachais Marine quoi Ouais, enfin je, je, j'étais-- alors c'est, je vous en parle après, mais c'était pas tant en pause que ça, mais en tout cas, c'était, voilà, c'était pas dans ma tête tout de suite quoi, j'étais pas dans le, dans le jus comme Marine l'était. Et en fait, je peux-- Enfin moi, je, je projetais déjà tellement d'angoisse que de
me dire :en fait, si j'approche un jour du terme de Lazare, mais je, je meurs.'Fin je… Ouais. C'était hyper dur pour elle et Mais t'es arrivé quand même à être un soutien pour Marine. C'est ça qui est fou Bah en fait, Marine, comme on a tellement la même histoire, je ne peux pas être autre chose que empathique. C'est-à-dire que ses angoisses, c'est les miennes plus tard. En fait, on est tellement tout le temps raccord, c'est que je peux que comprendre. La grossesse d'après, c'est, c'est encore un autre chantier quoi. Mais ah ouais, c'est, c'est anxiogène à mort. Et puis elle avait vraiment pas été gâtée avec le début de grossesse encore une fois compliqué. Sincèrement, c'est un chemin de croix. oui. Ah mais ouais, toi, tes, tes fils là, mon Dieu ! Ils pourront s'occuper de toi quand tu seras vieille Ouais. suis trop d'accord. OK, tu passes l'ac-- l'extrême prématurité je passe les étapes un peu compliquées et là, à 32, 33 semaines, ma gynéco elle
me dit :« C'est bon, j'ai fait mon taf. Tu peux accoucher, c'est bon, ton enfant ira bien ». Là, à ce moment-là, je rentre à Lyon, parce qu'encore une fois, je voulais être proche de ma famille, etc. Clément et Paolo font un mois, ils finissent, ils finissent leur transition. Je devais accoucher en février, début février. Bon moi, je fais quand même des bébés qui naissent toujours plus tôt.
Donc je m'étais dit :« Il arrivera en janvier », tu vois. Et Clément et Paolo me rejoignent à Lyon pour qu'on passe Noël en famille tous ensemble autour du 20 décembre, tu vois. Et en fait, fin décembre, genre, je commence à être pas très sereine, genre à me dire: « OK… » C-c'était hyper animal. Genre en fait, la nuit, je me réveillais en me disant : « Je suis pas sereine, j'ai peur d'accoucher de nuit et qu'y ait un problème et que ça aille pas ». Et en fait, le 30 décembre, je vais faire un petit check à HFME. Je les appelle, je leur dis : « Voilà, j'ai perdu un bébé. Mon béb-- ma due date, elle est dans deux mois, mais je suis pas super sereine. Est-ce que je peux passer ? Voilà ». Et là, ils m'accueillent, ils me disent
:« Ouais, bien sûr, aucun souci vu votre historique, venez ». Et je me souviens d'une sage-femme hyper gentille. Elle me fait un toucher vaginal, elle me dit : « Franchement, tout va bien. Votre col, il est long, votre baby, il est bien fermé, tout va bien. Rentrez chez vous, ça roule quoi». Donc on est le 30 décembre, je rentre, je sors de la, de HFME, il est 18 h, tu vois. Et on rentre. Et et à 22 h, je sens que j'ai des contractions.
En fait, je dis à Clément :« En fait, on y retourne, je pense ». Et en fait, là, on arrive à HFME de nouveau.
Je dis :« Bah, je suis un peu désolée, je suis venue y a genre trois heures. On m'a dit que c'était bon, mais vraiment, là, j'ai quand même l'impression que je suis en travail ». Et là, le médecin me fait : « OK, il arrive J'étais là Ah ouais. Et t'es à combien de semaines là que-- » Et là, j'étais à 35, je crois. Il me manquait, il me manquait trois jours pour sortir de la vraie prématurité, mais on était vraiment sur la fin de prématurité, donc ça allait, tu vois. Ou-- Ouais, ouais, ouais là, truc de ouf, donc avec mon, avec Clé, on stresse un peu, on est en mode
:« OK », genre, c'était pas prévu pour tout de suite, mais bon, d'accord, ça ira. Nous, on voulait un bébé vivant qui aille bien. Ça allait, en fait, on prenait toutes les configurations possibles quoi. Et donc là, on arrive en salle de naissance et en fait, le truc incroyable, c'est que on voit la sage-femme qui nous a accouché pour Nino, Mélanie, qui avait été, la nana qui m'avait tenu la main, tout l'accouchement et tout. Et là, je la vois, elle me voit et on se reconnaît. On avait un peu échangé en fait quand-- pour les un an de Nino, je lui avais fait envoyer des fleurs à HFME. Elle m'avait réenvoyé un message en mode : « Ah, c'est trop gentil. J'ai pas oublié Nino, je vous ai pas oubliés » et tout. Donc là, on la recroise, tu vois, un an et demi après,
elle me fait :« Ah, c'est ouf. Je devais pas travailler ce soir-là. J'ai, j'ai changé de garde au dernier moment ». Elle nous reconnaît direct, tu vois. Et nous, on la reconnaît direct sous son calot, sous son masque et tout.
Elle fait :« Bon ben, je vous accouche. Je fais venir votre bébé au monde. C'est parti, on y va ». Et en fait, là, on s'est dit : « OK, ça va rouler. En fait, on est avec Mélanie, ça ira ». Nino veillait sur nous, genre, c'est bon. Et en fait, accouchement de rêve, genre accouchement exceptionnel. J'étais trop-- tout s'est trop bien passé. On était dans notre bulle, on écoutait de la musique, on écrivait sur notre carnet. Notre petit Camille est arrivé, mais comme une fleur, genre, il a crié. En fait, il est sorti de mon ventre, il a crié. Et là, j'ai tellement pleuré parce que j'ai repensé à la salle d'à côté où Nino était sorti, avait pas crié et j'étais là, mais tu vois, j'entendais son cri, c'était tout le cri de la vie, de toute la lutte Tout qui revenait, tu vois.
J'étais là :« Ben ça y est, il est là, il crie Et puis, je pense c'est vachement aussi le phénomène de microchimérisme fœtal. Je me disais en fait, là, j'ai Camille dans les bras, mais y a un peu de Nino en lui aussi. Je sais pas, c'était fou, tu vois. Et la vie reprenait, revenait avec ce petit bébé plein de vie, plein d'amour qui criait, qui, qui était rose, qui, qui bougeait.'Fin, c'était dingue quoi Oh, incroyable. Mais microchimérisme fœtal, magnifique. Pour ceux qui connaissent pas, c'est le fait que les, les enfants qui sont passés dans nos ventres laissent des cellules qui, … Toi, t'as des cellules de Nino dans ton corps et toi aussi, Éléonore, t'as des cellules de Lazare. Mais effectivement, les bébés d'après, Camille et Joséphine, peuvent avoir un tout petit peu de patrimoine génétique de, de leur grand frère et c'est dingue et c'est très beau. Ouais, OK. Et donc là, toi, du coup, début janvier, Éléonore, t'as pas-- si, t'as, t'as passé ton cap, là. T'es un an Ouais. alors moi en fait, du coup, Lazare il est né en septembre, donc le go c'était septembre 2024 quoi, à peu près un an. Ce qui m'a fait aussi vachement de bien, c'est d'avoir cette deadline qui au début était hyper dure. Et en fait après coup je me suis dit : « Waouh, mais en fait j'ai tellement morflé pendant cette grossesse, mais no way, je recommence maintenant Genre la perspective d'un test positif, la perspective d'une écho, la perspective d'une, d'a-d'aller à l'hôpital, de mettre un pied dans un hôpital, j'ai
fait :« Non, mais en fait là j'en suis incapable quoi ». Et j'avais trop de chemin à faire aussi en, en psy pour, un peu lever les traumas de l'échographie qui ont été terriblement durs, tre-- lever le trauma des saignements. Tu vois, je voulais me repréparer psychologiquement à me dire
potentiellement :« Éléonore, tu vas resaigner pour une nouvelle grossesse, potentiellement ». Et en fait, ça, je, je, c'était, ça me terrassait de peur quoi. Et je, en fait, ce, ce délai d'un an était finalement une très bonne chose. Et en fait, on est allés voir la gynéco qui m'avait, qui avait été d'une gentillesse à Robert Debré.'fin, elle, elle outrepassait un peu son, sa casquette de gynéco. Elle, elle venait tout le temps le voir. Elle a été d'un soutien incroyable. Elle nous a encensé de paroles absolument merveilleuses avec Marc. Elle était un peu sous le charme et nous, on était sous le charme aussi quoi. On est allés la revoir, le 2 mai 2024 en lui disant : « Voilà, est-ce que ce délai d'un an, c'est un an, un an ou bon, si on essaye un peu avant Parce qu'en fait, on avait trop peur de se relancer avec cette espèce de
couperet, genre en mode :« Allez, top à la vachette, c'est reparti on s'y met quoi». Sans compter que tu vois, pendant toute la grossesse de Lazare, on avait interdiction aussi d'avoir des rapports parce que quand t'as un hématome et une fissure de la poche des eaux, c'est, tu, tu, t'es Tu mets pas des spermato là au milieu. Ouais. puis bon, blague à part, on avait un peu autre chose à penser que, tu vois, c'était vraiment pas le-- on n'était pas dans le mood quoi. mais bon tu vois, reprendre des rapports après un deuil, c'est, c'est lourd de sens. Tu vois, tu te dis : « Waouh, un rapport sexuel t'apporte une grossesse, t'apporte un deuil'Fin t'es, t'es là, genre en fait, c'est un enchaînement pour juste quelques minutes, tu vois, de, d'un-- Enfin, c'est fou quoi. Et donc y avait tout un travail à faire, mais du coup, à l'hôpital,
elle nous dit :« Écoutez, un an, c'est un an, mais bon, ça, la cicatrice est belle. Si vous avez envie de vous y remettre maintenant, sans compter qu'effectivement, ça peut ne pas marcher tout de suite, allez-y quoi Donc voilà, on part en voyage et tout. Et et dès le mois d'après, en fait, je, je tombe enceinte quoi. Je fais le test le 2 juin et c'est marrant parce que c'était vraiment neuf mois après la naissance de Lazare. Donc tu vois, moi qui suis pas croyante, j'avoue que là, j'étais un peu troublée.
Je me suis dit :« Waouh, quand même, est-ce que c'est pas le cadeau, du ciel tu vois, le truc qui marche tout de suite, le test positif neuf mois après. Alors du coup, bah forcément, prise de, d'énormes peurs et d'angoisses. Et en fait, re un enchaînement malheureux, d'échographies qui, tournent pas rond, de, d'incertitudes, de peut-être bien que oui, peut-être bien que non, on sait pas, tout machin. Bon, je la fais courte, mais en gros, le 2 juil-- le 2 juillet, ma grossesse s'arrête parce que c'était un œuf clair. C'est-à-dire qu'en fait, Lazare était un petit garçon bien formé, mais qui n'avait pas de membrane. Et là, j'avais des membranes solides, mais pas d'embryon. Donc tu vois le truc qui te fait, complètement rendre barjo quoi sur la vie en général.
Tu te dis :« Mais quel est le sens de toute cette souffrance ? Quel est le sens de ce message ? », de dire bah en fait, t'as, t'as jamais tout ensemble. Et puis bon, une grossesse arrêtée après un deuil, c'est, c'est chaud quoi. C'est chaud. j'avais de quoi reprendre confiance sur le fait que mon corps pouvait ne pas saigner, parce que là, pour le coup, j'avais eu zéro saignement, alors que j'aurais bien aimé en avoir pour le coup, tu vois, que la grossesse s'arrête toute seule. Est-ce que t'as dû avoir une intervention Ou j'ai pris des médicaments Ouais, OK Le 2 juillet. Après bah bah j'ai eu des saignements pendant longtemps et ça, tu vois, à un an d'intervalle, tu vois, juillet de l'année d'avant, je saignais pour Lazare. Là, je saigne parce que ma grossesse s'arrête. Sincèrement, j'ai, j'ai été très mal à ce moment-là, vraiment super Mmm-mmh. Mmh. une injustice, Enfin, vraiment, j'étais, j'étais-- Enfin tout ce que je pouvais voir comme enfant, comme femme enceinte, ça me faisait vriller, mais vriller, vriller. J'étais en, en boucle sur pourquoi quoi. Pourquoi y en a, t'enchaînes les enfants comme elles font faire les courses, tu vois, et, et, et pour d'autres, c'est un chemin de croix. Et je me mets pas toute seule dans le truc. Tu vois, je, je sais qu'y en a qui enchaînent les PMA et qui à la fin ont même un deuil périnatal.
Tu vois, tu fais :« Mais pourquoi ? » Enfin bref, des interrogations, difficiles. et puis bah on part en voyage, on arrive à se remettre un peu, bien, à passer outre cette épreuve. Et moi, j'essaie un peu à ce moment-là de faire la paix, tu vois, avec mon
corps en me disant :« Je veux à tout prix un enfant et machin, mais il faut absolument que je sois sereine dans mon corps et que, que, que je sois, que je sois un allié entre corps et esprit », tu vois, que je, je fasse un espèce de pacte de, de non-agression. Genre ma, ma tête a pris cher, mon corps a pris cher. Tous les deux, on a besoin d'un peu de temps. Et puis je parlais un peu à mon corps, tu vois, je faisais de l'acupuncture et à un moment, je me suis prise à vraiment parler à mon corps en
disant :« Je sais que je te mets un peu la pression, que, mais voilà, t'as vécu des choses hyper difficiles. Si t'as besoin de temps, bah je patienterai », tu vois. Et je sais pas si c'est ça qui a fait que, bah au mois d'octobre 2024, donc soit un mois après les 2 ans de Lazare, Enfin les 1 an, pardon, bah je suis tombée enceinte. Un cycle où je tiens à le signaler pour déculpabiliser toutes les femmes qui se disent qu'il faut absolument être dans le mood excellent. J'étais au fond du rack, d'une, limite en burn out professionnel. J'avais des plaques rouges sur la tête, un excès de cortisol de maboule, une température qui commençait à faire n'importe quoi. J'ai arrêté le thème Drop, je l'ai envoyé balader.
J'étais vraiment en mode :« Mais la vie est horrible et tout ». Et en fait, je me suis juste dit j'avais un cycle anovulatoire, ça ressemblait à rien ma courbe. Franchement, je, j'avais 10 jours de glaires successives.'Fin c'était, le contre-exemple, tu vois, du beau cycle. Et puis à un moment quand même, le temps passe et j'ai toujours des cycles très réguliers tu vois.
Donc là, je me suis dit :« Bon bah je suis complètement déglinguée, y a plus rien qui va ». Et en fait, je me décide quand même à faire un test à J+35, tu vois, donc j'ai quand même pris mon temps et c'était positif. Et là, bah donc on était en, en octobre et Marine était sur la fin de sa grossesse et moi, je commençais la mienne Et cette grossesse, toi, celle-là Comment te dire ? Je, j'ai utilisé un terme la dernière fois dans ma séance
de psy, elle m'a dit :« C'est quand même très lourd de sens ». J'ai-- et c'est vrai, enfin franchement, je fais le test positif, j'avais envie de m'enterrer sous terre. Genre vraiment, oubliez-moi, je ne veux parler à personne, je ne veux voir personne, je veux me réveiller quand j'aurai l'assurance que tout va bien.
Et en fait, là, je me suis dit :« C'est pas possible, neuf mois, c'est, ce n'est pas possible, je ne vais pas y arriver. Je ne vais pas y arriver. C'est, c'est trop dur. Je-- il va forcément y arri-- m'arriver un autre truc, le deuil de Lazare, le fléau, qu'est-ce que ça va être maintenant ? » Et en fait, j'étais, de, d-d'une humeur massacrante. Marc m'a surnommé Petit Grizzli parce que je, j'étais, mais, mais atroce. Tu vois, la moindre attention gentille, j'étais en mode : « Ne me touchez pas, ne me-- » comme une espèce de bête un peu apeurée qui avait juste besoin d'être dans sa grotte. Et en fait, le seul réconfort, c'était Marine, tu vois, parce qu'elle comprenait tellement. Et, et en fait, cette grossesse s'est bien passée médicalement. J'ai, j'ai-- franchement, j'ai rien eu à signaler. J'ai pas eu de saignements, j'ai eu des nausées de malade, mais bon, enfin, je veux dire, classique quoi. Hum. ce qui a été compliqué à gérer, c'était pour moi l'entourage, c'est-- avec plein de paroles, encore une fois, tu vois, bienveillantes,
genre :« Mais non, ça va bien se passer cette fois ». Le « y a pas de raison » me faisait pareil vriller. Y a pas de raison que ça se passe mal. Mais est-ce qu'il y avait une raison que ça se passe mal, du coup, la première fois Est-ce qu'il y avait des raisons? Est-ce que-- enfin, en fait, c'est ce genre de, un peu de phrase bateau qu'on te, qu'on te balance à la cantonade pour essayer de t'apaiser. Mais en réalité, tout ce que j'avais besoin, c'était d'entendre : « Je comprends que ça soit dur ». Et en fait, tu vois, y avait des
nanas bien intentionnées :« Ça va, pas trop dur, les nausées
J'étais là :« Mais si tu savais ce que c'est de-- c'est le cadet de mes soucis, les nausées. Vraiment, je, je suis en, en terrible angoisse quoi ». Et, et la première écho, enfin bon, j'en ai fait plein. Et alors, si, pour la petite histoire, parce que c'est quand même sympa. Encore une fois, je, je ne crois pas en Dieu, mais on nous a mis dans les pattes le docteur Lamourdedieu, qui m'a fait C'est vraiment son nom ah, je te jure ouais, jamais entendu En un mot, l'amour de Dieu Mais c'est génial On a rendez-vous pour la première écho de docteur L'Amour de Dieu, je peux te dire que là, tu te sens déjà un petit peu, tu te dis : si ça se passe mal avec L'Amour de Dieu, franchement là, va falloir qu'on décompte là-haut parce que c'est pas possible quoi Ouais, ouais, ouais, ouais, ouais. Marc, il va abandonner ses, ses Oui, justement. Non mais là, on est dans des bonnes mains et tout.
Je fais :« Bah écoute, attendons de voir quand même.» Et on a fait toutes nos échos avec elle. Et l'écho du T1 qui était en janvier 2025, tu vois, tout le monde pensait que ça allait me rassurer de voir que tout allait bien. Et à la fois, il y avait une part de moi où genre ouais, je vois un petit bébé dans une poche de liquide amniotique qui bouge bien. Un truc que j'avais jamais vu avant. et en fait, j'étais empreinte d'une tristesse.
En fait, j'étais là :« Pourquoi ce petit bébé a la chance ? Pourquoi mon corps sait faire et pourquoi ça s'est pas bien passé ? Pourquoi Lazare, il a jamais eu ça ? » Et en fait, j'étais dans un état de, de détresse, un peu de
me dire :« Mais c'est pas juste quoi J'étais heureuse pour ce petit bébé, mais tellement en mode, mais-- en fait, en limite là pour le coup, j'ai encore, j'en voulais encore un peu à mon corps.
Je dis :« Bah alors crétin, tu sais faire, mais qu'est-ce que t'as foutu? Enfin, qu'est-ce qui s'est passé quoi? » Et ça, j'ai beaucoup pleuré et ça me rendait encore plus triste d'être triste parce que je me suis dit : « Ce petit bébé, il a rien demandé et je veux être la meilleure maman possible et je veux jamais que son histoire soit un poids, tu vois. Il faut que moi, je gère mes angoisses, il faut que je gère mes peurs, mais dès maintenant, il faut pas que je lui fasse peser un poids impossible, tu vois.» Et donc je suis allée à, à Necker. Du coup, j'ai changé de crèmerie. Je voulais pas retourner à Robert Debré. Et là, j'ai eu un suivi psy de malade, elle était géniale et ça m'a fait du bien. Et en fait, j'ai, j'ai passé des étapes. Voilà, j'ai passé des étapes, j'ai passé des, des angoisses. Tout, tout se passait bien et j'avais besoin de, de passer en fait des caps. Et le gros gros cap après, comme toi Marine, ça a été le, le, le stade, Enfin le terme de Lazare. de Lazare, ouais Le 27 + 3, c'était-- j'avais un peu une boule, tu vois, de me dire : « Waouh, ça y est, bah ma petite fille, elle est plus âgée que ne le sera jamais mon fils. Et en fait, passer ce cap où en fait du coup tout devenait un peu nouveau parce qu'avant, je, je comparais, tu vois. À ce stade, je passais une écho qui se passait mal, à ce stade ceci, à ce stade cela. Et puis bah de fil en aiguille, bah voilà, elle est arrivée au mois de juillet alors qu'elle devait être déclenchée le 14 juillet au matin.
Et elle s'est dit :« Non, attends, c'est quand même sympa d'être la veille du 14. Je, j'arrive naturellement » et donc elle est arrivée naturellement par voie basse en plus parce que c'était pas gagné. post-césarienne, ils sont hyper vigilants de pas traumatiser l'utérus avec un, une cicatrice tu vois. Donc j'avais pas le droit à l'ocytocine pas le droit au ballonnet, pas le droit à tout, aux instruments. En fait, il fallait que tout se passe de manière absolument impeccable et tout grain de sable pouvait me faire passer en césarienne. Et je voulais, mais vraiment pas. Et Ouais c'était un tout petit poids parce qu'elle pesait 2 kilos 6 à la naissance. Et en fait, je crois que c'est ce qui nous a un peu sauvés pour qu'elle passe par voie basse parce que ça se présentait pas toujours super bien. Donc je suis passée un peu pas loin de la césarienne, mais mais tout s'est bien passé Ouais parce que souvent quand t'as vécu comme ça un accouchement d'un bébé décédé, on te propose de te déclencher pour que la date soit prévue, que t'aies pas l'aléa de de l'accouchement, etc. On vous a proposé ça à toutes les deux ? Ouais. Moi, ils m'avaient proposé de me déclencher à 39 semaines, mais c'était la politique tu vois.
Genre après, ils disent :« Ouais, y a plus de risques mort fœtale in utero.
» J'étais là :« Bah non, non, on déclenche à 39 si elle vient pas avant.» Et donc, c'était prévu le déclenchement le 14 et en fait, elle est arrivée le, le 13, naturellement, sans déclenchement Ouais, ouais, ouais, OK. Moi, je crois qu'on m'avait proposé une césarienne parce que j'avais un gynéco qui nous avait suivis pour Nino, qui avait été exceptionnel et qui m'avait dit : « Je veux prendre aucun risque, donc je vais vous proposer une césarienne ». Et j'étais pas chaude parce que Paolo, c'était une césarienne qui s'était mal passée. Et là, j'avais un message de ma sage-femme à Lyon qui était géniale, qui m'avait
dit :« Franchement, faites-vous confiance, votre corps sait faire. Si vous voulez tenter une voie basse, allez-y ». Et en fait, comme Eleonore, en fait, tout s'était déclenché pour moi assez vite. Et pareil c'était un petit poids, vu qu'il est arrivé un peu en avance aussi. Et du coup, ça s'est passé, tu vois. Mais je me dis aussi que peut-être ces petits bébés d'après, ils ont été assez cool de nous faire des accouchements trop bien, tu vois. Enfin, on a fait tellement cher sur les accouchements d'avant où rien n'est-- on contrôlait rien, tu vois. Et en fait, on a eu des accouchements superbes. Après, je pense que ça réconcilie quand même un peu quelque chose. Tu vois, qui ils viennent vous réparer un peu. Ouais. Ouais. Ouais, OK. Et donc là, vous continuez maintenant votre vie, toi, avec, deux enfants à la maison, mais trois évidemment dans ton cœur Marine et toi, Éléonore, deux, mais avec ta Joséphine, à la maison. Vous continuez votre histoire d'amitié toutes les deux. Comment, comment ça va aujourd'hui Non, ça va. Éléonore elle disait hyper bien les mots tout à l'heure, elle
disait :« En fait, le deuil, ça fluctue aussi ». Tu vois, y a des moments où c'est très intense et t'y penses tout le temps et des moments où t'y penses moins. Moi, j'ai quand même sincèrement l'impression que Camille a apporté quelque chose. Il vi-- il viendra jamais combler la place de Nino, c'est sûr, mais il apporte, i-i-il répare quelque chose quand même. dans notre famille, voilà, on a l'habitude de se présenter comme une famille de quatre, on dit cinq dans notre cœur. C'était une formule de Virginie Grimaldi que j'aime beaucoup. Son-- on est quatre sous notre toit, cinq dans notre cœur. Et Nino, il reste là et il a toujours ses petites choses. Il a toujours la petite bougie qui a son nom, qu'on aime bien allumer le dimanche soir en pensant à lui. Il a toujours des dessins que des amis nous ont faits, qu'on a accrochés dans la chambre de Paolo. Y a le dessin d'Agathe Sorlet, que Éléonore m'avait offert, qu'on a accroché dans la chambre de, de Camille. On, on a tous ces petits liens qui nous rappellent au quotidien qu'il est là. Et j'ai l'impression que notre relation à tous les cinq est un peu plus apaisée. En fait, ça fait partie de notre histoire et nos familles l'ont compris aussi, nos amis aussi. voilà. Et écoute, j'ai tendance à dire que ça va. la, la vie poursuit son cours avec le chaos inhérent d'avoir deux petits enfants à la maison aussi, plein de vie. Mais en fait, quand t'as pris tellement cher, tu la veux tellement cette vie que en fait-- on disait ça avec Éléonore, on parlait de notre post-partum qui ont été tellement smooth pour Camille et Joséphine, alors que moi, j'avais pris si cher pour Paolo. Et en fait, je pense que quand-- je sais pas, peut-être que c'est nos enfants qui sont cool, mais quand t'as perdu un bébé, en fait, bah j'sais pas. En fait, tout te va. Genre les pleurs la nuit, ça te va. Te réveiller 50 fois, ça te va. Ton bébé qui fait des régurgitations et qui te pollue sur ton pull Sézane, mais tu t'en fous, t'es trop content. Genre, les, les choses sont OK et je, je, ouais, je pense que voilà, globalement, moi, j'dirais que moi, ça va . Parce qu'on a aussi eu tout ça, toute cette histoire-là qui est riche. On, on est riche de toutes ces histoires-là et du coup, oui, ça va Ouais, ça va aussi, ça va bien. moi, je dirais que ça a été difficile après la naissance de Joséphine parce que c'était bête, mais tu vois, parfois, elle était dans sa petite nacelle de poussette et c'est con, mais la nacelle me faisait penser à un cercueil. Et j'avais des flashs parfois de, de trucs genre violents, qui me revenaient un peu en tête et - Ouais, j'ai eu, j'ai eu des moments un peu de bad, un peu difficiles, . Tellement heureuse qu'elle soit là, mais tellement triste aussi que l'histoire a été aussi triste.'Fin voilà, j'avais du mal à me situer dans tout ça et j'avais peur aussi, je pense. j'avais peur de la perdre. J'avais peur, j'avais peur. Je, je-- la fragilité de la vie, m'a frappée une première fois et je sais qu'en fait, elle peut refrapper, elle peut-- j'ai plus aucune certitude en fait, tu vois. Rien n'est jamais acquis. Et Joséphine, elle a une telle saveur de miracle que je, je, je-- c'est difficile aussi de faire confiance maintenant, de se dire : « Ça va aller ». Et en fait, bah y a eu les premières maladies, les premiers-- moi, c'était du coup ma première, Joséphine, concrètement. Même si évidemment, Lazare était arrivé avant, mais, les premières maladies, les premières-- moi, c'est le premier enfant que je ramenais à la maison quoi.'Fin donc, je, j'étais maman un peu pour la première fois malgré tout. Et c'est pas facile du coup de pas avoir de référence ou en tout cas un référentiel tellement chaotique que… Et après, je dirais que quand elle a eu ses six mois, qu'elle a beaucoup évolué, changé, c'était moins un tout petit bébé fragile, ça va beaucoup mieux maintenant. Beaucoup, beaucoup mieux. j'ai encore du mal un peu à, à me séparer d'elle. C'est vrai que c'est, c'est difficile pour moi, le lien, il est, il est hyper fort. récemment, j'ai pris aussi conscience que, bah elle aura pas son grand frère et ça m'a fait une peine immense de me dire : « Bah en fait, j'ai fait venir un petit bébé dans la vie et que voilà, elle va vivre avec cette histoire et je veux que ça soit le moins difficile pour elle possible », mais comment, comment l'u-- l'aborder, comment en parler et puis évidemment se poser question de, d'un autre bébé, est-ce qu'on a envie de, d'autres, d'agrandir la famille, voilà. et re de nouveau ces questionnements de : « Mais je vais jamais y arriver, une nouvelle grossesse ». En fait, c'est-- mais Enfin incontestablement, Joséphine, elle est venue, tellement adoucir notre vie.'Fin, on souhaitait tellement devenir parents et, et la maison vide, la, la chambre vide, tout ça, ça a été tellement dur, tellement dur de se retrouver, que tous les deux, désespérément tous les deux et voir ses amis avancer, de voir les annonces de grossesse, les annonces de naissance, du deuxième, du troisième. Et toi, tu restes les bras ballants avec ta fausse couche sur les bras et ton bébé décédé.
Et tu fais :« Waouh ! » 'Fin, c'est un vide, c'est une solitude, c'est une détresse, c'est une, une souffrance qui sont terribles. Et, et en ça, Enfin vraiment ouais, d'avoir un petit bébé dans les bras vivant, tout dodu, potelé,'fin c'est, c'est un bonheur… Pareil, Enfin moi, j'ai du mal à J-j'ai jamais, jamais été agacée, là, une moindre seconde.
Jamais j'ai eu envie de :« Oh là là! » Et Dieu sait que oui, c'est dur, même si t'as un bébé facile, t'as des coliques, des pleurs, des moments, grave compliqués, des nuits courtes et tout. Mais en fait, c'est, c'est, c'est tellement smooth encore une fois.'Fin, genre vraiment quand t'as C'est la vie, ah ouais, franchement, c'est, c'est-- moi, je prends, mais fois 10 quoi.'Fin, je Ouais. Ouais, tu, tu vois, tu disais au début, t'étais incapable de-- ce-cette année de pause était importante, parce que t'étais incapable de te projeter. Et puis un jour, finalement, t'as été prête. Bah là, ce sera probablement pareil, pour la suite. Pour le moment, c'est encore trop tôt. Et puis un jour, peut-être que, des digues vont lâcher et tu
vas dire :« Non, mais c'est bon. On est clair, c'est clair. Mais non, non, c'est, c'est une chouette histoire, une chouette histoire d'amitié au milieu du chaos. Et c'est, c'est pas donné à tout le monde néanmoins, tu vois, de vivre quelque chose de difficile, mais de pouvoir le partager et le transcender et le, et de vivre ces, ces belles histoires d'amitié et et d'avoir nos petits bébés aussi d'après. Parce que je connais aussi beaucoup de mamans, qui ont connu un deuil périnatal et qui n'ont pas encore à ce jour leur bébé d'après. Et j'ai une pensée franchement, mais, mais d'admiration de, de leur résilience et de leur courage d'encaisser ces mois d'essai encore
une fois où tu te dis :« Mais pourquoi quoi. Enfin, et c'est-- moi, je remercie sincèrement chaque jour, de pas avoir attendu pour avoir ma Joséphine dans mes bras. Elle est arrivée hyper vite et c'est un vrai bonheur et c'est, ça répare beaucoup de choses, ouais. Ouais, il y a plein d'histoires dans l'histoire, dans l'histoire entre vous, mais c-celle que je voulais vraiment mettre en lumière, c'était votre histoire d'amitié parce que c'est rare, de vivre ça. Et et même si vos parcours … Mon Dieu, j'ai même pas de mots pour les décrire. Bah votre relation à vous deux, elle est trop belle et et ça fait un bien fou à écouter. Qu'est-ce qu'on vous souhaite pour pour la suite ? Toujours un peu de chaos, Marine . Et puis de l'apaisement, Éléonore Hmm. Ouais, tant qu'il y a du chaos, il y a de la vie, je me dis. Donc ouais, encore plein de vie à venir, plein de-- u-une appétence à savourer peut-être et à-- je trouve que quand t'as vécu un deuil périnatal, Eléonore elle dit justement : parfois, t'as un peu tendance à avoir des verres fumés.'Fin, tu vois, à, à peut-être un peu naturellement tendance à voir les choses en noir en pensant à tout ce qui pourrait mal se passer. Peut-être que tu peux nous souhaiter un peu de légèreté Laurène, moi, c'est quelque chose qui m'a beaucoup-- j'ai, j'ai eu beaucoup de mal à retrouver la légèreté de la moi d'avant. Bah, tu peux nous souhaiter, voilà, de la légèreté, de l'optimisme Et ben je vous souhaite un, de la légèreté en hectolitre. Ouais, Ouais. c'est trop bien, ouais Merci du fond du cœur à toutes les deux. Continuez à nous donner des nouvelles. À vous, restez en lien parce que je pense que c'est pour la vie ce genre d'histoire. On, on se lâche pas et et je vous souhaite plein de belles choses pour la suite Merci beaucoup Laurène Ouais, merci beaucoup J'espère sincèrement que cet épisode vous a fait autant de bien qu'à moi. Merci encore à ces deux femmes incroyables d'être venues partager tout ça. Merci à tous les bébés qui les entourent, ceux qui sont dans leurs bras, ceux qui sont dans le ciel. Vraiment, c'est un cadeau d'avoir pu recevoir ces histoires croisées. Donc voilà, merci à vous de l'avoir écouté jusqu'au bout. Et, ben je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode et je vous embrasse très très très fort. Prenez soin de vous